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Polémique La Confédération paysanne conteste l’étude de l’Ademe sur les biocarburants

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Pour la Confédération paysanne, l’étude publiée par l’Ademe sur les biocarburants de première génération est erronée. Le bilan énergétique des éthanols y serait très surestimé. Pour le syndicat, la filière biocarburant ne devrait plus être soutenue par le gouvernement.

La Confédération paysanne conteste les conclusions de l’analyse du cycle de vie des biocarburants de 1ere génération publiée le 8 avril par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie). Leur spécialiste du dossier, Patrick Sadones, qui a participé au comité de suivi de l’étude commandée par le gouvernement suite au Grenelle de l’environnement, en a livré sa lecture jeudi 15 avril lors d’une conférence de presse. Sur le bilan énergétique de l’éthanol, il remet en cause son mode de calcul. La méthode retenue par Bio IS (cabinet chargé de l’étude) a consisté à allouer l’énergie dépensée au prorata économique des co-produits. Selon Patrick Sadones, il faudrait plutôt imputer la totalité des consommations d’énergie à l’éthanol et seulement en soustraire les économies permises par l’utilisation des coproduits en alimentation animale en substitution d’un aliment conventionnel. Cette méthode conduirait à un bilan énergétique pour l’éthanol de blé, par exemple, de 1,03 contre 1,7 selon l’Ademe. « Ce bilan proche de 1 est très faible pour une énergie censée être renouvelable », souligne Patrick Sadones. Pour le diester, il ne conteste pas le bilan énergétique estimé à 2 (pour une joule dépensée, 2 sont récupérées).

Fuite en avant
Concernant les émissions de gaz à effet de serre (GES), le bilan est très défavorable aux biocarburants dès lors que l’on prend en compte le changement d’affectation des terres qu’il soit direct ou indirect. Pour Patrick Sadone, le scénario présenté par l’Ademe comme maximal (qui rend le bilan GES très défavorable pour les biocarburants) est proche de la réalité. « Compte tenu de leur faible efficacité énergétique, ces filières devront être continuellement subventionnées », conclut-il. Pour le porte-parole de la Confédération paysanne, Philippe Collin, « les agrocarburants ne sont pas un moyen de résoudre les problèmes de revenu des agriculteurs ni le déficit énergétique français. C’est une fuite en avant qui va poser de nouveaux problèmes en nous faisant croire que l’on peut continuer avec la même politique agricole basée sur une production sans limites ».

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