Abonné

Forum social de la recherche La Confédération paysanne critique les orientations de la recherche

- - 3 min

Initié par diverses associations comme la Fondation sciences citoyennes et Sud recherche, le forum social de la recherche a accueilli une soixantaine de scientifiques et de citoyens à Paris le 20 octobre. Cette rencontre a permis à la Confédération paysanne d’entrer dans le débat. Elle est intervenue une semaine avant les Assises de la recherche, les 28 et 29 octobre à Grenoble.

« Nous sommes attachés à une véritable recherche publique qui a des moyens », a déclaré René Louail de la Confédération paysanne. L’ex-porte-parole du syndicat a souligné qu’en tant que représentant syndical, des critiques restaient à formuler « sur les orientations de la recherche, en particulier sur des projets qui sont conduits de façon non démocratique avec des partenaires privés, par exemple sur les OGM ». Il a poursuivi en défendant les rapprochements entre agriculteurs et chercheurs notamment au niveau du comité de liaison de l’Inra. « Essayons de créer des ponts, de mettre en place des forums pour organiser et réfléchir à un autre type d’agriculture, a-t-il déclaré. Une agriculture durable, permettant l’installation des jeunes et correspondant aux attentes des citoyens sur trois aspects : employer, préserver, et produire de la qualité ». Et de conclure : « Mais nous voulons aussi continuer à être le poil à gratter par rapport à la recherche. Nous continuerons à mener des actions de destruction d’essais OGM en plein champ car ils ne correspondent pas aux attentes de la société alors que nous sommes pour le maintien de la recherche en milieu confiné ».

Attention aux contrats avec le privé

Visé par ces propos, Bernard Roland, qui représentait l’Inra, a lui aussi souligné, l’importance de « conserver une recherche publique forte avec des postes de titulaires» et comme pour répondre à René Louail, il a insisté sur la nécessité pour la recherche d’être indépendante. « Les contrats du privé ne doivent pas être la condition car dans ce cas c’est le privé qui décide du domaine de la recherche à développer», a-t-il expliqué avant d’évoquer l’idée d’une « clause de conscience ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Davantage de citoyenneté dans les orientations de la Recherche

Yannick Jadot, directeur de campagne de Greenpeace, a, quant à lui, dénoncé le manque d’indépendance de la recherche sur certains dossiers. Il a pointé du doigt certains domaines tels que les OGM et la toxicologie. « Avant, c’était la recherche qui permettait le progrès de l’homme, maintenant, c’est le marché qui est à l’avant-garde. Soit on laisse le marché prédominer, soit on recréée un lien entre le citoyen et la recherche pour qu’elle retrouve son rôle », a-t-il martelé. D’où sa volonté que des associations interviennent dans les débats mais aussi dans la programmation de la recherche. Dans le même sens, René Louail a regretté que malgré la représentativité de son syndicat, « la Confédération paysanne ne participe pas au conseil d’administration, c’est-à-dire là où se dessine les orientations et les programmes de recherche pour les années qui viennent ».