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Cniel La Confédération paysanne entre dans l'interprofession laitière

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La Confédération paysanne a fait son entrée au Cniel, l'interprofession laitière, mardi 4 mars dans un climat constructif. Le syndicat espère rendre l'instance plus transparente et la mettre davantage « au service des éleveurs ».

LA CONFÉDÉRATION paysanne a fait son entrée dans l'interprofession laitière, le Cniel, mardi 4 mars, à l'occasion d'une réunion du collège producteur. C'est l'aboutissement d'un combat mené depuis plus de 10 ans, symbolisé par l'occupation de la Maison du lait pendant 36 jours en 2010. « C'est une étape importante pour la Confédération paysanne. Nous sommes persuadés de pouvoir faire quelque chose au Cniel, nous ne sommes pas là pour occuper un strapontin », a commenté Laurent Pinatel, porte-parole.

Plus de transparence

Les principaux objectifs de la Confédération paysanne sont de rendre le Cniel plus transparent, notamment en termes financiers ; qu'il permette d'assurer la collecte de lait sur l'ensemble du territoire ; et qu'il soit avant tout au service des éleveurs, qui sont ses principaux financeurs (amenant près des trois quarts d'environ 40 millions du budget du Cniel, selon la Confédération paysanne). La Confédération paysanne espère que le Cniel sera le lieu de négociation de contrats-cadres entre industriels et producteurs, qui remplaceront les contrats existants « imposés par les industriels ». Elle occupera deux sièges au sein du collège producteur, sur huit. La Confédération paysanne veut désormais intégrer les comités régionaux de l'interprofession laitière (Criel), espérant pouvoir y discuter du prix du lait dans le respect du droit à la concurrence.

L'entrée du syndicat au Cniel s'est fait dans une ambiance bon enfant : les militants, qui avaient « libéré » une sculpture de vache en 2009, l'ont ramenée pour l'occasion. Thierry Roquefeuil, président du Cniel et de la Fédération des producteurs de lait (FNPL), a accueilli la Confédération paysanne, saluant « sa responsabilité » et rappelant que les trois composantes de l'interprofession avaient accepté son entrée. « C'est dans un contexte tout-à-fait constructif que nous travaillerons pour faire face aux défis de la filière », a-t-il assuré. La Confédération paysanne a salué à son tour « l'esprit de construction » de Thierry Roquefeuil, avec qui une « relation de confiance » s'est instaurée.

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La Coordination rurale attend la loi d'avenir

Le Cniel, qui a modifié ses statuts en juillet 2013 pour permettre l'entrée des syndicats minoritaires, a anticipé des dispositions de la Loi d'avenir agricole, actuellement en discussions parlementaires qui devraient généraliser cette ouverture aux autres filières.

La Coordination rurale, qui peut également prétendre entrer au Cniel, « attend que la loi d'avenir agricole apporte plus de précisions », explique Véronique le Floc'h, présidente de l'Organisation des producteurs de lait (OPL), branche spécialisé du syndicat. L'OPL rencontre encore les parlementaires pour faire évoluer leur position, afin de donner plus de poids aux syndicats minoritaires dans les interprofessions. « Si on accepte tout de suite ce que nous propose le Cniel, ça peut nuire aux autres interprofessions », développe-t-elle. La loi d'avenir doit terminer son parcours parlementaire avant l'été.