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Elections aux chambres La Confédération paysanne et la CR font alliance dans 3 départements

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Pour la première fois, des sections départementales de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne ont décidé de faire liste commune pour les élections aux chambres. Si la CR se satisfait de cette alliance, certains adhérents et membre du bureau national de la Confédération paysanne apprécient beaucoup moins ce mélange des genres.

La Confédération paysanne et la Coordination rurale présenteront des listes communes dans 3 départements. Des alliances qui ont surpris le monde agricole, et notamment les adhérents de ces organisations professionnelles. Dans le Puy-de-Dôme, l’Ain, et la Haute-Saône, les agriculteurs auront donc le choix entre le duo FNSEA/JA, et l’alliance Confédération paysanne/Coordination rurale. Et si certains s’interrogent sur la pertinence de voter pour une liste rassemblant deux organisations professionnelles qu’habituellement tout oppose, Claude Voisin, président de la Confédération paysanne du Puy-de-Dôme, tient à rassurer : « Oui, on a des divergences entre nous. Sur le foncier notamment. Mais nous resterons sur les questions de gestion de la chambre, sur lesquelles nous sommes d’accord », s’engage-t-il. Claude Voisin et Daniel Condat, président de l’OPL et de la section départementale de la CR, en ont en effet « ras le bol de la politique menée par la FNSEA locale », et sont donc prêts à faire des compromis pour prendre la chambre au syndicat majoritaire.

Une liste commune qui déplait à la Confédération paysanne

Mais cette alliance dérange. « Nous sommes conscients que ca pose des problèmes, mais nous avons décidé de passer outre », assume Claude Voisin. Ce sont notamment les représentants des autres départements de la Confédération paysanne qui auraient été réticents à la création d’une telle entente. « On a eu cette discussion plusieurs fois au comité national, il y a eu des oppositions flagrantes, mais les départements sont indépendants, alors nous l’avons fait quand même », raconte Claude Voisin. Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysannes, assure pourtant comprendre cette décision. « Il y a des endroits où les alliances ont une légitimité locale. Les histoires de nos syndicats nationaux, évidemment, n’en sont pas là. Ça ne nous empêche pas de discuter », a-t-il expliqué le 9 janvier lors du débat de l’Afja. À la Coordination rurale, la direction nationale est sans réserve. « On n’est pas un syndicat de Paris qui impose une ligne de conduite aux départements. La France est diverse et l’unité nationale n’est toujours pas faite », a argumenté François Lucas. Une position que confirme Frédéric Quitlet, président de la section départementale CR de la Haute-Saône. « Bernard Lannes (président de la Coordination rurale) m’a dit : “fais bouger ton département, je te fais confiance” », assure-t-il.

Une alliance à 3 en Haute-Saône

Et pourtant, la situation en Haute-Saône est encore plus particulière. Depuis 2006, une organisation dissidente de la FNSEA cohabite avec les autres organisations professionnelles et fera, elle aussi, alliance avec la Confédération paysanne et la Coordination rurale. « À nous trois, on a fait 52% en 2007, mais on a pas eu le droit à la parole », proteste Frédéric Quitlet. « On a donc commencé à travailler ensemble. Nous sommes différents, mais on a appris à discuter et à trouver des terrains d’entente ». Mais cette alliance ne s’est pas fait sans difficultés. Car, outre les « oppositions flagrantes » de la Confédération paysanne, c’est bien l’incompréhension des adhérents qui a pratiquement mis un terme à ce projet d’alliance. En septembre, la section départementale du syndicat a donc décidé de se retirer des listes communes car « elle perdait trop d’adhérents », se rappelle Frédéric Quitlet. « Il y avait des réticences », confirme Vincent Sindon. Mais, selon les responsables départementaux, les agriculteurs se sont rapidement rendu compte que les convictions des deux syndicats n’étaient pas si éloignées. Lors des réunions, « on arrivait plus à dire qui était Conf’ et qui était CR », s’amuse Frédéric Quitlet. Rien d’étonnant, assure Vincent Sindon, « certaines de nos positions ne sont pas les mêmes qu’au niveau national », explique-t-il. Et puis, « la Conf’ n’a pas raison contre le reste du monde ».

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