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Syndicalisme La Confédération paysanne manifeste sur le stand du ministère de l’Agriculture

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« Les éleveurs sont sur la paille ! », a scandé une cinquantaine de militants de la Confédération paysanne, lors d’une opération coup de poing sur le stand du ministère de l’Agriculture, au SIA, le 22 février. Après avoir recouvert de paille le stand, les militants du syndicat ont dénoncé « l’autisme des politiques » face à la situation dramatique des éleveurs.

«On paye cash la sécheresse de 2010, et les éleveurs qui n’ont plus de fourrage pour leurs bêtes, doivent acheter de la paille à 120 ou 130 euros la tonne car certains organisent la pénurie », a dénoncé Gérard Durand, de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, le 22 février lors de l’opération coup de poing du syndicat sur le stand du ministère. Le syndicat demande un état des lieux des stocks de paille et l’instauration par l’Etat d’un prix plancher comme cela a été fait en 1976, suite à la grande sécheresse. « Le gouvernement sous-estime le niveau de ras le bol des éleveurs », analyse Gérard Durand. « Les éleveurs sont sur la paille », a scandé la cinquantaine de militants sur le stand du ministère de l’Agriculture. Et les solutions avancées par le gouvernement ne sont pas convaincantes, estime le syndicat. Face à l’envolée des cours des céréales et son impact sur le prix de l’aliment du bétail, la contractualisation inter-filières telle que proposée par Bruno Le Maire et la FNSEA est une « solidarité de façade », dénonce Philippe Collin, le porte-parole du syndicat. Ce contrat « va faire pschitt », assure-t-il. « On imagine mal des céréaliers s’engager pour 5 ans avec un prix d’intérêt à 170 euros/tonne » au regard de ce que peut atteindre le cours de blé actuellement », explique-t-il. Sur une durée de 5 ans, « il y aura toujours l’un des deux contractants qui se sentira spolié », a-t-il ajouté. « Donc, cela ne peut pas marcher », résume-t-il.

« Arrêtons l’hécatombe ! »
Le syndicaliste est excédé par ce « discours méprisant et stigmatisant qui consiste à renvoyer les éleveurs à leur propre responsabilité ». « Cela fait 10 ans qu’on leur dit : vous n’êtes pas assez compétitifs, pas suffisamment organisés », rappelle-t-il. « Nicolas Sarkozy a estimé lors de sa visite au Salon de l’agriculture le 19 février que les éleveurs sont bien impatients. Est-ce que les banquiers sont patients ? », a lancé Philippe Collin dénonçant les mesures de « rafistolage » du gouvernement.
A la rencontre du grand public qui visite le salon, la Confédération paysanne sur son stand a souhaité alerter sur l’« hécatombe paysanne ». « Il faut un million de paysans », défend le syndicat. Aujourd’hui, les exploitations professionnelles sont au nombre de 500 000. « Il est urgent de promouvoir des systèmes moins coûteux en capitaux car reprendre une ferme immense est beaucoup plus difficile », souligne Philippe Collin. Il faut « valoriser nos territoires en répondant aux demandes et besoins de l’ensemble de la société », a-t-il conclu.

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