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Sondage La confiance perdue des agriculteurs belges

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Près de 60 % des agriculteurs flamands sont mécontents de leur profession alors que cette même population se déclarait satisfaite en 2008, selon l’enquête annuelle du Crédit agricole. En Wallonie, le mécontentement rassemble trois agriculteurs sur quatre. Seul un exploitant wallon sur cinq est prêt à recommander sa profession à la jeune génération. Un agriculteur sur trois affirme avoir besoin de revenus complémentaires pour survivre.

Depuis 2007, le Crédit agricole sonde annuellement, en Belgique, la confiance des agriculteurs dans l’avenir de leur secteur. Alors que l’indice de confiance moyen était resté quasiment stable en 2008 par rapport à 2007, une dégradation a été constatée en 2009. La Wallonie voit ainsi son indice de confiance chuter de 17 points pour atteindre un niveau de 31. L’indice de confiance en Flandre passe de 49 à 40.

Les jeunes ne perdent pas tout à fait espoir
L’étude révèle que les jeunes exploitants restent les plus confiants tant en Flandre qu’en Wallonie. Par contre, les actifs depuis plus de 20 ans affichent un indice de confiance très faible. Parmi ces derniers, à peine 5 % ont une confiance supérieure à 60 en Wallonie, contre 13 % au nord du pays.
L’évaluation du résultat financier provoque encore plus de pessimisme, constate le Crédit agricole. Ainsi, 74 % des agriculteurs flamands et 78 % des agriculteurs wallons estiment que leur résultat financier s’est détérioré sur les douze derniers mois, du fait notamment de la baisse considérable des prix de vente, particulièrement du lait et des céréales, mais aussi à cause de la poursuite de la hausse des coûts de production en 2008, essentiellement des engrais et de l’énergie.
La baisse des prix de vente combinée à la hausse des coûts de production a engendré des problèmes de liquidité pour 36 % des agriculteurs flamands et 53 % des agriculteurs wallons, soit 10 % de plus que l’année dernière. Pour pallier ce manque de liquidités, le premier réflexe de l’agriculteur est de puiser dans ses réserves financières et de procéder à des économies sur les dépenses privées. Dans un deuxième temps, des reports d’investissements sont envisagés, comme des économies dans les coûts de production.

Recherche d’un travail complémentaire
En Flandre, 14 % des agriculteurs songent à rechercher un travail complémentaire. Ils sont 25 % à vouloir faire de même en Wallonie, car un agriculteur sur deux déclare ne plus disposer de réserves et 17 % avouent ne plus être capables de rembourser leurs dettes. De part et d’autre de la frontière linguistique, les syndicats agricoles ne semblent pas être perçus comme des partenaires capables de les aider dans leurs difficultés.
Le rôle des autorités est apprécié de façon mitigée. Si les agriculteurs wallons et flamands apprécient les efforts des autorités dans le domaine de la promotion des produits agricoles et de la diffusion des connaissances, ils réclament des mesures concrètes pour la défense de leurs revenus à l’échelle européenne, pour la transparence des marges dans la filière agricole et pour la simplification administrative.