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La Conf’porte son message auprès de N. Hulot et de S. Travert

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La Confédération paysanne a porté son message le même jour auprès des ministres de l’Agriculture et de la Transition écologique, revenant sur des points clefs d’actualité concernant le « revenu des paysans » comme les aides Pac.

La Confédération paysanne a été reçue le 28 juin aussi bien par Nicolas Hulot que par Stéphane Travert. Laurent Pinatel, son porte-parole, évoque un futur rendez-vous avec Emmanuel Macron le 20 juillet et un rendez-vous peu de temps avant avec Julien Turenne, conseiller technique agriculture d’Edouard Philippe. Le syndicat porte donc son message à tous les étages, celui d’une agriculture reposant sur l’agronomie plutôt que sur l’agrochimie. « Il s’agit de revoir le système agricole dans son ensemble. À certains endroits, les rotations sont de plus en plus courtes », expliquait Laurent Pinatel. Il évoque, entre autres, l’absence d’autorisation d’utilisation des préparations naturelles peu préoccupantes (purin d’ortie, extrait de cèdre, etc.) ou encore la nécessité de trouver des alternatives aux antibiotiques dans les élevages. « Soit on gère des situations de crise qui se répètent, soit on trouve une solution », estime-t-il. Une vision partagée par Nicolas Hulot, selon lui. Un Nicolas Hulot inquiet par la perte de biodiversité des semences végétales et la disparition du foncier. « Il réfléchit à classer les terres agricoles comme “biens rares” », rapporte Laurent Pinatel.

Revenir aux bases de l’agronomie

Avec Stéphane Travert, c’est le « droit à l’erreur » qui a été évoqué. « On se demande si le droit à l’erreur est valable pour tout », souligne-t-il. Une chose est sûre, Bruxelles n’est pas prête à lâcher du lest concernant le contrôle des aides Pac. Une partie de la solution résidera peut-être dans la mise en place de « médiateurs locaux et nationaux ». Laurent Pinatel revient sur le sujet des aides, notamment suite au différé des versements par l’État. Et il alerte sur le fait que des agriculteurs n’ayant pas demandé une avance de trésorerie remboursable en 2015 se retrouvent en difficulté aujourd’hui. Il s’agirait, selon lui, de réfléchir à trouver rapidement un moyen de soutien pour leur trésorerie. Un message entendu par Stéphane Travert, semble-t-il. Laurent Pinatel s’est aussi penché avec le ministre sur les fameuses zones intermédiaires. « En Bourgogne ou dans le sud de la Beauce, il n’y a pas de bons rendements. Peut-être faudrait-il avoir une politique pour remettre de l’élevage dans ces zones ? », s’interroge-t-il. Bien évidemment, chacun des ministres a eu droit au sujet qui fâche : remonter à 20 % au lieu de 10 % le taux de paiement redistributif sur les 52 premiers hectares pour Stéphane Travert, et Notre-Dame-des-Landes pour Nicolas Hulot. Le premier s’est montré « peu enthousiaste » et le deuxième « en tant que ministre, respectera les procédures », selon le porte-parole de la Conf’.

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Loup : Nicolas Hulot « veut remettre tout le monde autour de la table en septembre »

Nicolas Hulot a annoncé le 23 juin dans la matinale de BFMTV/RMC, la mise en place d’un plan loup sur quatre ans qui commencerait le 1er janvier 2018. « Je veux remettre tout le monde autour de la table au mois de septembre », affirme-t-il, et d’ajouter : « Même si j’ai une fibre écologiste, est-ce que je peux ignorer ces éleveurs qui, depuis le début de l’année, ont vu près de 10 000 brebis égorgées ? Est-ce que je peux ignorer leur détresse psychologique ? » La Confédération paysanne, reçue le 28 juin, par le ministre a confirmé que ce dernier « se rendait bien compte » des problèmes liés à la prédation. Le syndicat a proposé d’instaurer une brigade de bergers lors d’attaque pour soulager l’éleveur et d’anticiper par de la formation et des moyens de protections l’arrivée du loup dans les départements où il n’est pas encore présent.