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Trois questions à Jean-Michel Serres, président de la FNP « La conjoncture actuelle reste fragile »

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Avant l’assemblée générale de la Fédération nationale porcine, qui se tiendra à Nantes le 23 juin, son président Jean-Michel Serres rappelle le différentiel qui continue de se creuser avec l’Allemagne et indique les questions liées au bien-être animal dont la fédération se saisira lors de son conclave.

L’assemblée générale de la FNP (Fédération nationale porcine) va se dérouler le 23 juin 2010 à Nantes. Comptez-vous faire un point économique de l’année 2009 ?
Jean-Michel Serres : Nous allons revenir sur la conjoncture de 2009, car c’est la préoccupation majeure des éleveurs. Mais nous allons également évoquer l’état de la conjoncture actuelle qui reste fragile. Ces deux dernières semaines, l’Allemagne a augmenté son prix tandis que le prix français est resté stable. À cela s’ajoutent les prévisions imminentes de hausse du prix de l’aliment annoncées par les fabricants.
Et qui dit conjoncture, dit bien évidemment distorsion de concurrence. Il y aura donc une brève présentation du dossier réalisé par l’Ifip (Institut du porc) sur les distorsions avec l’Allemagne. Celles-ci sont pour l’essentiel dues aux différences de coût de la main d’œuvre dans les outils d’abattages et de régime TVA. A elles deux, ces distorsions de concurrence permettent à l’Allemagne de gagner 9 euros supplémentaires par porc.

Quels sont les autres dossiers suivis en 2009 que vous allez aborder lors de l’assemblée générale ?
Nous allons signaler l’avancée sur le dossier bien-être animal. Dans le cadre de la mise aux normes avant le 1er janvier 2013, nous avons obtenu le doublement du plafond d’une aide initialement fixée à 15 000 euros. Le plafond passe en effet à 30 000 euros et va être applicable pour les dossiers déposés en 2010. Mais nous demandons d’autres mesures financières et réglementaires pour que les deux tiers des élevages qui ne sont pas encore aux normes puissent l’être à compter du 1er janvier 2013.
Autre dossier important : celui du marché du porc breton (MPB). Nous voulons mobiliser davantage les éleveurs du Grand-Ouest pour qu’ils apportent un plus grand nombre de porcs au MPB. Et ce afin qu’il y ait plus de concurrence entre les abattoirs. De mars à mai, il y a eu une hausse de 12% du nombre de porcs sur le MPB. Mais le bilan reste mitigé, notamment car Cooperl a décidé de ne pas jouer le jeu. Or nous restons persuadés qu’il faut garder une référence de prix et donc un marché. Et cela passe par la nécessité d’augmenter le poids des éleveurs sur ce marché.
Enfin, il y a le dossier sur la réglementation liée aux installations classées. Une circulaire est sortie la semaine dernière. Elle a été adressée aux préfets et permet de simplifier la procédure « installations classées ». Nous allons en donner la grille de lecture aux représentants des organisations de la filière porcine. Nous allons aussi évoquer les amendements déposés dans le cadre de la LMA (Loi de modernisation agricole). Nous ne demandons pas une baisse des exigences environnementales mais un alignement du seuil français (déclenchant la procédure « installations classées » et entraînant une enquête publique) avec le seuil européen. En France, ce seuil (basé sur la taille des élevages) est 5 fois inférieur au niveau européen. C’est un préalable à la modernisation des élevages. Nous réclamons aussi une accélération du traitement des dossiers « installations classées » au niveau de l’administration.

Et qu’en est-il de la stratégie VPF (Viande de porc française) relancée en février dernier ?
C’est justement le thème central de la table ronde qui se déroulera le mercredi après-midi. Nous allons faire un bref rappel de ce qui a été fait en termes de communication jusqu’à présent. Autour de la table, nous avons réuni des représentants de l’industrie, de la distribution, de l’abattage, sans oublier le président d’Inaporc. Nous allons discuter de ce que nous pouvons faire, et notamment réfléchir à l’utilisation des moyens de communication mis à disposition par Inaporc. Actuellement, la viande fraîche n’est pas un souci mais ce qu’on veut c’est axer la stratégie VPF sur la charcuterie car il y a encore beaucoup de produits de charcuterie qui ne mentionnent pas l’origine du produit.

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