Abonné

Coopératives/Etude La consolidation s’accélère entre coop face au défi international

- - 4 min

Les coopératives agricoles françaises montent en puissance. Selon une étude du cabinet PwC, les premières d’entre elles ont connu une croissance de 15 à 18% par an depuis 2005. Moins spécialisées que leurs homologues nord-européennes, elles ont toutefois du mal à se créer un avantage concurrentiel. L’enjeu pour elles, comme l’a illustré un colloque Coop de France/Les Echos le 28 septembre, est d’adopter une stratégie internationale volontariste pour devenir des acteurs globaux.

Selon une étude du cabinet d’audit PriceWaterhouseCoopers (PwC) dédiée aux coopératives agricoles en Europe, les groupes coopératifs agricoles français sont devenus des acteurs majeurs du secteur agro-alimentaire européen. Présentée lors de la deuxième « journée européenne » organisée par Coop de France et Les Echos, cette étude constate que, avec huit coopératives dans le top 20 européen des coopératives agricoles, la France devient le pays le plus représenté au sein de ce classement. Elles n’étaient que six dans le classement 2009.
Les tendances de consolidation et d’internationalisation s’accélèrent et incitent les coopératives à clarifier leurs choix stratégiques pour accélérer leur développement.  
Le phénomène de consolidation des coopératives se poursuit en Europe. Ainsi, en France, le nombre de coopératives est passé de 3200 en 2005 à 2580 en 2010. En France, on avait compté 90 opérations financières impliquant des coopératives françaises en 2009, dont 57 entre coopératives et 33 avec des entreprises privées. Le mouvement n’a pas ralenti depuis avec 87 opérations en 2010. Mais, les opérations à l’international restent encore peu nombreuses (autour de 17).

Une position forte en Europe
Les coopératives agricoles françaises ont généré en 2010 plus de 82 milliards de chiffre d’affaires. Plus d’une quinzaine d’entre elles dépasse désormais le milliard d’euros de chiffre d’affaires. Elles gèrent un portefeuille de marques prestigieuses : Béghin Say, Daddy, Jacquet, Brossard, Banette, Francine, Ebly, Florette, D’Aucy, Paysan Breton, Loïc Raison, ...
Depuis 2005, les grandes coopératives agricoles françaises soutiennent un rythme de croissance supérieur à celui des grandes coopératives européennes et des groupes privés du secteur. Cette croissance est estimée entre 15 et 18% par an, grâce notamment à des acquisitions soutenues, et elle se compare avec des rythmes de moins de 10% chez leurs challengers.

Insuffisante spécialisation
Les grands groupes coopératifs français, issus d’un territoire polycultural, sont pour la majorité polyvalents, ce qui contraste avec les groupes d’Europe du Nord généralement concentrés sur une seule filière. 
Cette polyvalence est aujourd’hui à la fois un atout et un frein pour les coopératives françaises dans leur stratégie de croissance. Ainsi, selon Yves Pelle, associé PwC, expert des coopératives agricoles et coordinateur de l’étude, « les coopératives polyvalentes sont plus agiles pour répondre aux évolutions de leurs marchés : circuits courts de production, meilleure traçabilité, innovations issues du terroir, proximité avec les adhérents. Cependant, la concurrence internationale et notamment la pression des coopératives spécialisées, impose à ces coopératives de faire des choix stratégiques pour se créer un avantage concurrentiel. ».

Devenir des « acteurs globaux »
« Historiquement présentes à l’international via l’export, les grandes coopératives françaises commencent à s’internationaliser par l’implantation d’outils industriels, de centres de recherche, de circuits de transformation et de distribution, principalement par acquisition. Cette tendance est récente et, en dépit de rares mais notables exceptions, encore timide au regard des stratégies internationales des coopératives du Nord de l’Europe. L’enjeu pour les grandes coopératives est de devenir des acteurs globaux et cela passe nécessairement par une stratégie internationale volontariste », précise Yves Pelle.
Cette consolidation est rendue d’autant plus nécessaire par la réforme de la Pac en 2013, qui impliquera une modification tendancielle des coûts, avec une remise en cause des politiques de soutien aux filières fonctionnant en coopératives. Les coopératives françaises visent donc, selon PwC, à opérer une concentration entre acteurs de l’amont (afin d’augmenter la valeur ajoutée à volume constant) et de l’aval (afin de réduire les coûts et faire pression sur les prix).

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.