La volaille serait la seule viande qui connaîtrait une forte augmentation de la production et de la consommation dans l'UE, tandis que la demande de produits laitiers traditionnels tels que le fromage et le beurre devrait continuer à croître. C’est en tout cas ce que prévoit un rapport sur les Perspectives agroalimentaires pour 2018-2030, publié le 6 décembre par la Commission européenne.
Dans le rapport sur les Perspectives agroalimentaires pour 2018-2030, publié le 6 décembre 2018 par la Commission européenne, les auteurs tentent notamment d'identifier l'impact des changements de comportements des consommateurs qui sont déjà perceptibles aujourd'hui et qui devraient encore se renforcer au cours de la prochaine décennie. Ainsi, les consommateurs de l'UE et de l'étranger deviendraient plus exigeants à l'égard de la qualité et de la provenance des denrées alimentaires qu'ils consomment, ce qui devrait, selon eux, stimuler la création de valeur ajoutée (produits locaux, biologiques ou autres produits certifiés) d'une part, et les changements de catégorie d'aliments, d'autre part. Selon les prévisions des experts, la majeure partie de la production de l'UE serait consommée sur le marché intérieur et l’UE gagnerait des parts de marché sur certains marchés d'exportation (produits laitiers) tout en faisant face à des pressions supplémentaires à l'importation de produits spécifiques (viande bovine).
Hausse de la consommation de viande de volailles
Selon les auteurs du rapport, la viande de volaille serait la seule viande pour laquelle la production et la consommation de l'UE devraient augmenter sensiblement au cours de la période considérée (d'environ 4 % chacune entre 2018 et 2030). Soutenue par la croissance continue de la demande mondiale, l'UE verrait augmenter ses exportations grâce à la valorisation des différentes coupes de viande et d'abats de volaille ainsi qu’à un large portefeuille de destinations. En revanche, la production de viande bovine de l'UE (qui s'est redressée depuis 2015), pourrait quant à elle diminuer à nouveau, sous l'effet de la réduction du cheptel de vaches, de la faible rentabilité, de la baisse de la demande de bœuf et de la forte concurrence à l'exportation. Les prix devraient baisser au cours de la première partie de la période de projection avant de se stabiliser vers 2030. Pour sa part, après plusieurs années de stabilisation, la production de viande ovine et caprine de l'UE devrait se redresser légèrement, grâce notamment à une demande intérieure soutenue. Alors que la consommation de viande porcine de l'UE devrait diminuer au cours de la période de prévision, des quantités supplémentaires devraient être expédiées vers les marchés mondiaux, principalement la Chine, malgré la concurrence féroce des États-Unis et du Brésil.
Produits biologiques, sans OGM, locaux : des moteurs de développement
Pour ce qui est du lait et des produits laitiers, la croissance de la demande mondiale d'importations (tirée par la croissance démographique – notamment en Afrique) et la croissance des revenus pourraient entraîner une hausse de la consommation de produits laitiers au cours de la période considérée. En outre, les préférences des consommateurs pour des produits différenciés (biologiques, sans OGM, locaux, etc.) constitueraient le moteur du développement d'alternatives aux systèmes de production conventionnels. L'UE pourrait fournir près de 35 % de l'augmentation de la demande mondiale au cours de la période considérée. Les exportations communautaires de fromage, de beurre, de lait écrémé en poudre (LEP), de lait entier en poudre et de lactosérum en poudre devraient augmenter en moyenne d'environ 330 000 tonnes/équivalent lait par an (principalement en fromage, petit-lait et LEP). Parallèlement, près de 900 000 tonnes de lait supplémentaire par an seraient nécessaires pour répondre à la croissance de l'utilisation intérieure de produits laitiers traditionnels (principalement le fromage) dans l'UE.
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En revanche, la consommation de lait liquide devrait continuer à baisser dans l'UE. L'augmentation de la demande mondiale et intérieure devrait se traduire par une augmentation assez modeste de la production laitière de l'UE, de 0,8 % par an en moyenne, pour atteindre 182 millions de tonnes en 2030. La production laitière moyenne de l'UE devrait encore augmenter au cours de la période de référence pour atteindre 8 240 kg/vache, soit 17 % de plus que le niveau de 2017. Toutefois, ce rythme serait plus lent qu'au cours de la dernière décennie, compte tenu des contraintes environnementales et de la production extensive en réponse aux attentes des consommateurs.
Baisse de la consommation de sucre
Quant à elle, la consommation de sucre de l'UE diminuerait de 5 %, sous l'impulsion des initiatives en matière de santé et en fonction des préférences des consommateurs. Le sucre ne devrait être que partiellement remplacé par l'utilisation croissante de l'isoglucose dans les aliments transformés et la consommation totale d'édulcorants devrait diminuer de 2 %. La production de sucre de l'UE pourrait être légèrement supérieure à 19 millions de tonnes d'ici 2030, un niveau qui permettrait à l'UE de rester un exportateur net de sucre, sur un marché mondial dominé par le Brésil. De son côté, la production céréalière de l'UE devrait continuer à augmenter pour atteindre 325 millions de tonnes en 2030. Cette croissance est tirée par une légère augmentation de la demande d'aliments pour animaux (en particulier pour le maïs), des perspectives d'exportation modérées et l'importance croissante des utilisations industrielles. Les prix devraient rester relativement stables à près de 170 euros/tonne à la fin de la période de prévision.
Légère diminution de la consommation de vin
La production totale de vin de l'UE et la consommation intérieure devraient se stabiliser après une décennie de baisse. Au cours de la période considérée, les experts tablent sur une légère diminution de la consommation dans l'UE de vins et de produits élaborés par distillation, tels que les eaux-de-vie. L'UE devrait maintenir une croissance régulière de ses exportations, tirée notamment par les indications géographiques et les vins mousseux. Une réduction de la superficie de production combinée à une augmentation des rendements devrait permettre de stabiliser la production de pommes dans l'UE. La consommation de pommes fraîches devrait se stabiliser, tandis que celle des pommes transformées devrait diminuer légèrement. La consommation de pêches et de nectarines fraîches devrait diminuer légèrement en raison de la concurrence d'autres fruits d'été. La production communautaire de tomates fraîches devrait rester relativement stable malgré l'augmentation des rendements due à l'allongement des saisons de production. Toutefois, la valeur de la production devrait continuer d'augmenter à mesure qu'une plus grande segmentation des produits ajoutera de la valeur.