Une enquête de l’association de la presse du vin (APV) soutient que la consommation de vin en France n’est pas aussi élevée que ce qu’avancent les chiffres officiels. Elle serait plus proche des 44 litres par an et par habitant que des 54 litres communément admis. Les achats des nombreux touristes étrangers alourdiraient les chiffres de la consommation.
Les Français ne boiraient finalement pas plus de vin que leurs voisins européens. Pour l’Association de la presse du vin (APV), les chiffres de la consommation de vin en France sont en effet largement surévalués. Selon le chiffre le plus communément utilisé – établi par l’Insee(Institut national de la statistique et des études économiques) –, chaque Français boirait 54,4 litres de vin en moyenne par an. Ce qui en fait (de loin) le premier consommateur mondial. Cette estimation est obtenue en divisant les 32,6 millions d’hectolitres de vin achetés en France chaque année par le nombre d’habitants (60,4 millions). Pour Bernard Burtschy, professeur de statistiques à l’Ecole nationale supérieure des télécommunications, ce mode de calcul est simpliste. Il ne prend en compte ni les achats transfrontaliers, ni la consommation des 79 millions de touristes étrangers qui viennent visiter la France tous les ans. Une étude de l’Onivins évalue à 1,5 million d’hl les achats transfrontaliers annuels, soit l’équivalent de 2,4 litres par Français. « Dès qu’il s’agit de fumeurs, de vin ou d’alcoolisme, tous les chiffres de la santé publique en France sont à prendre avec précaution, pour ne pas dire qu’ils sont manipulés », souligne Bernard Burtschy.
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11 litres de moins que les chiffres officiels
Une étude de la société TNS Secodip basée sur les déclarations d’un panel de consommateurs donne des résultats très inférieurs à ceux de l’Insee. Chaque ménage achèterait 45,1 litres de vins par an pour leur consommation à domicile – soit 21,57 litres par personne. En y ajoutant la consommation à l’extérieur (restaurant, bar…), l’APV considère que la moyenne annuelle ne dépasse pas les 43 litres. Une autre estimation menée par l’Onivins et l’Inra de Montpellier arrive à un résultat proche de 41,6 litres/an/habitant. Ces deux statistiques replacent la France au niveau de consommation de l’Italie (dont la méthode de calcul de la consommation est basée sur des panels représentatifs). Pour l’APV, les associations de prévention de l’alcoolisme (ANPAA, MILDT…) s’appuient systématiquement sur les chiffres de consommation calculés par l’Insee pour soutenir leur discours de modération, ce qui a conduit récemment à la condamnation d’articles de presse portant sur le vin. Cette enquête arrive à point nommé, au moment où les professionnels de la viticulture demandent au gouvernement de revoir la définition de la publicité sur les boissons alcoolisées dans le cadre du plan de modernisation viticole.