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Viande bovine La contractualisation au cœur du débat dans la filière

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L’avenir de la production de viande bovine pourrait passer par des contractualisations avec les industriels. C’est en tout cas ce que pensent les représentants de la production. Mais du côté du Sniv, on ne semble pas du tout d’accord. « C’est une vue de l’esprit », affirme-t-on. « La FNB doit opérer un changement culturel », estime de son côté la FNICGV.

« Il faut contractualiser la production sur le jeune bovin, à travers des comités de filière », propose Pierre Chevalier, le président de la Fédération nationale bovine (FNB). Pour lui, c’est bien là la solution pour répondre au problème de baisse de la production en France et en Europe. Mais du côté du Syndicat national de l’industrie des viandes (Sniv), on ne semble pas l’entendre de cette oreille. « C’est une vue de l’esprit », dit-on clairement. « On est sur un marché régi par la loi de l’offre et de la demande. On ne peut pas prendre tout seul les risques sur un marché très fluctuant», ajoute-t-on. Mais pour Pierre Chevalier, « de toutes façons, ils sont condamnés à le faire. Il faudrait que ce soit en place dès 2006».

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La FNB critiquée par les industriels

« Aujourd’hui, la FNB doit opérer un changement culturel et se tourner résolument vers la relance de la production », estime Nicolas Douzain, directeur de la Fédération nationale de l’industrie et des commerces en gros des viandes (FNICGV). Selon lui, le déficit actuel de la production est le résultat « des incitations politiques et syndicales à réduire la production au moment de la vache folle». « La baisse de production, que connaît actuellement le secteur bovin, n’est pas due à une baisse de consommation». « C’est la baisse de la production qui a engendré une flambée des prix et donc ensuite une baisse de la consommation», ajoute-t-il. Du côté du Syndicat national des industriels de la viande (Sniv), Jean-Paul Bigard, le président du syndicat, craint un certain « immobilisme» de la profession pour relancer la production. « Comment peut-on nous accuser d’immobilisme quand on sait comment on s’est battu pour recoupler au maximum les aides bovines et notamment la PMTVA ?» interroge Denis Sibille, le président d’Interbev. Pour Pierre Chevalier, il n’y a pas lieu de s’alarmer : « on assiste à une légère recapitalisation en région et on attend à court terme le retour de la production de la Grande-Bretagne ». La viande de bovins de plus de 30 mois pourra être de nouveau consommée à partir du 7 novembre. « Il ne faut pas rentrer dans la psychose », ajoute le président de la FNB. Mais à plus long terme, les prévisions de l’Institut de l’élevage sont sans appel. C’est bien une chute de la production de viande bovine à laquelle on doit s’attendre.