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Résultats La coopération agricole confirme sa résilience

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À la veille de son congrès annuel, Coop de France a dévoilé les résultats de la coopérative agricole française pour 2015. Le chiffre d’affaires de ses 2 600 entreprises a atteint 85,9 milliards d’euros, en léger recul sur 2014 et le résultat net 1,059 milliard d’euros.

En 2015, dans une conjoncture toujours difficile, la coopération agricole française, qui compte 2 600 entreprises, a confirmé sa résilience avec un chiffre d’affaires en recul de seulement 1,8 % à 85,9 milliards d'euros. Ce « tassement est lié à la baisse des volumes et des prix, en particulier dans le lait et le sucre. Un chiffre qui ne devrait pas s’améliorer en 2016 avec la crise céréalière », a souligné Pascal Viné, le délégué général de Coop de France, leur fédération, lors d’un point presse le 8 décembre. À noter que la coopération agricole française, qui compte une majorité de TPE et PME (90 %), 146 ETI et 15 grands groupes, réalise 40 % du chiffre d’affaires de l’agroalimentaire français. De son côté, le résultat net de la coopération est en amélioration de 3,3 % à 1,059 milliard d’euros. Même si elle passe en un an de 1,17 % à 1,23 % en 2015, la marge nette se maintient toujours à un faible niveau, le vin affichant la meilleure rentabilité des différentes filières à 1,80 %. Parmi les autres ratios clés, l’EBE (excèdent brut d’exploitation) rapporté au chiffre d’affaires est quasiment inchangé à 3,87 %. Il montre surtout de très grandes disparités suivant les filières, où une fois encore le vin s’en sort mieux avec une rentabilité de l’EBE de 6,34 %, quand elle n’est que de 0,78 % dans le bétail et la viande (voir ci-contre) et contraste aussi avec d’autres secteurs économiques. Ainsi, les coopératives agricoles sont bien loin des 15 % de marge d’EBE des services financiers et assurance et même des 7,1 % des IAA (hors artisanat commercial) (source INSEE). La coopération agricole française a néanmoins confirmé en 2015 sa solidité financière avec des capitaux propres de 21,08 milliards d’euros (contre 20,447 milliards d'euros un an auparavant).

Suivant une tendance observée depuis plusieurs années, les fusions et acquisition-cessions se poursuivent avec déjà 67 opérations recensées sur les onze premiers mois de 2016, dont 22 pour les seuls mouvements entre coopératives, contre respectivement 81 et 52 opérations en 2015. Au total, le chiffre d’affaires acquis atteint 1,144 milliard d’euros, permettant un solde positif de 1,015 milliard d'euros (contre 364 millions d'euros en 2015).

Toujours en attente d’un allégement des charges

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Si la lutte contre l’hyper volatilité des prix et la conquête de nouveaux marchés sont en tête des priorités, les dirigeants de Coop de France comptent également mettre en avant l’importance du rôle des coopératives dans le tissu économique français. Michel Prugue, le président de Coop de France est revenu à la charge concernant l’allégement des charges promis par le gouvernement aux coopératives qui ne peuvent bénéficier du CICE. « Nous ne demandons pas de traitement de faveur », a-t-il plaidé, mais juste d’éviter de se retrouver dans une position de distorsion de concurrence par rapport aux sociétés qui elles bénéficient de ce crédit d'impôt. Rappelant que « les coopératives allaient au plus profond des territoires » pour collecter le lait notamment, ce dernier attend « qu’un signal soit donné à un moment où la compétitivité est essentielle pour la survie de nos entreprises ».

À l’approche des élections présidentielles, Michel Prugue a également insisté sur l’importance d’un allégement des normes pour l’agriculture et l’alimentaire. « Non à un empilement de normes qui parfois se contredisent. C’est l’économie française qui est en jeu dans sa dynamique », a-t-il martelé. Une lourdeur des charges qui, rappelle la fédération, entrave les entreprises dans leur capacité à investir dans l’innovation et le développement. Mais les dirigeants de Coop de France ne sont pas dupes. « Le maintien de la compétitivité passe aussi beaucoup par l’analyse de nos compétences. On ne peut pas faire croire que parce qu’on produit, on gagne », a ainsi souligné Pascal Viné. Autant de sujets d’actualités qui sont aussi les enjeux de demain.