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La Coopération s’accorde avec les Régions et Départements

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Au terme d’une collaboration « inédite », la Coopération agricole, les Régions et les Départements de France font des propositions communes pour le soutien au secteur agricole.

Après un an de travail, la Coopération agricole a présenté, le 26 mai, un manifeste sur la « souveraineté alimentaire verte », en commun avec les associations des Régions de France et des Département de France (ADF). Une démarche « inédite », s’est félicité le président de la Coopération agricole, Dominique Chargé, qui vise à « créer des synergies entre coopératives et collectivités ». Selon lui, le concept de « souveraineté alimentaire » relève certes d’un « raisonnement à l’échelle nationale », mais « en complémentarité avec différentes échelles ».

Douze mesures ont été présentées, en tête desquelles l’établissement de « contrats régionaux de filière agroalimentaire ». La maîtrise des fonds régionaux est cruciale ; les Régions ont une compétence de développement économique de leur territoire (2,5 Mrd€ d’aide en 2016, tous secteurs), que peuvent abonder les conseils départementaux. Et dans le cadre de la future Pac, elles conserveront la gestion des fonds du 2d pilier dédiés en grande partie au soutien à l’investissement dans les filières agricoles (environ 600 M€/an).

Peu d’agriculture dans le PIA4

Autre mesure phare du manifeste : la création d’un « fonds public de transition agroécologique » abondé par des fonds du quatrième Programme d’investissement d’avenir (PIA4) et géré par les régions ; lors de son lancement à l’automne, le gouvernement a prévu que 500 M€ des 20 Mrd€ du PIA 4 soient co-gérés avec les Régions, sans fléchage particulier vers l’agriculture. « Actuellement l’agriculture passe un peu à travers, ce n’est pas satisfaisant », estime Jean-Pierre Raynaud, vice-président à l’agriculture des Régions de France.

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Les trois structures proposent également que les régions consacrent davantage d’argent aux « projets de transition agroécologique » dans les Contrats de plan État-Région, ainsi qu’à l’agrotourisme dans les plans de développement touristique. Elles souhaitent aussi « mutualiser les efforts » sur le dossier « ressource en eau », soutenir la « structuration collective » des agriculteurs, les filières d’exportation, et « l’attractivité des métiers » ; ou encore impliquer davantage l’agriculture dans « l’autonomie énergétique des bassins de vie ».

Elles s’engagent enfin à intégrer les coopératives à la gouvernance des Plans alimentaires territoriaux (PAT) de ces collectivités. Mais aussi conditionner l’accès aux marques territoriales à « l’utilisation de produits agricoles bruts origine locale garantie ». Car « certaines marques n’ont pas du tout de cahier des charges », constate Pascal Coste, président de la commission ruralité de l’ADF. « Il est important que l’on ne galvaude pas ces marques ».

Davantage de local dans les marques territoriales