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Fruits à cidre La coopérative Agrial s’engage auprès des producteurs

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À l’assemblée générale de la Fédération nationale des producteurs de fruits à cidre (FNPFC), réunie le 14 septembre près de Laval, en Mayenne, la coopérative normande Agrial, qui détient maintenant l’essentiel de l’outil cidricole français (70%), s’est engagée à ne pas céder au jeu de la concurrence à la baisse sur le prix du cidre.

Gilbert Herpe, président d’Agrial, est venu à cette assemblée générale pour s’expliquer devant les producteurs sur la politique qui sera conduite par le principal cidrier de France. Il a tenté de les rassurer sur le sujet délicat du prix de la matière première.

La question de la baisse des prix du cidre et des fruits à cidre est récurrente depuis ces dernières années. L’an dernier, les producteurs ont dû accepter une diminution de prix volontaire pour faciliter l’écoulement de pommes en excédent (161 000 tonnes produites, pour un quota de 150 000 tonnes). Les producteurs ont ainsi dû verser collectivement un million d’euros pour financer la transformation de 8 000 à 10 000 tonnes de pommes en concentrés de jus pour l’exportation. En outre, ces derniers mois, les producteurs ont accepté d’amputer de 20% leurs prix, pour voir leurs contrats avec les industriels reconduits.

Les producteurs prêts à positiver

Très sensibilisés sur cette question du prix, les producteurs attendent de voir ce que donnera la politique d’un cidrier détenu par une coopérative. « Nous y voyons une évolution positive », a déclaré Pierre-Yves Reboux, président de la FNPFC.

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À cette assemblée générale, les producteurs se sont posé la question de la place de la représentativité syndicale des producteurs face à la nouvelle organisation économique, détenue par une coopérative. Ils excluent que la coopération puisse, à elle seule, se substituer à la représentativité syndicale. Ils estiment avoir leur mot à dire sur l’image même du produit : « Le cidre est un produit de terroir et n’est pas un produit industriel : son image est portée par les producteurs qui doivent en défendre l’origine et l’avenir», a souligné M. Reboux.

Par ailleurs, les producteurs de fruits à cidre cherchent à relancer la consommation, tombée trop bas. Ils ont annoncé leur volonté de doubler le budget de promotion collective du cidre pendant une période de trois ans. Ce budget est pour l’instant de deux centimes d’euros par litre vendu. Cette position des producteurs doit maintenant être acceptée par les transformateurs.