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La Cooperl dit encore « non » au cours du marché du porc breton

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La Cooperl se refuse de nouveau à suivre le cours du marché du porc breton, dans un contexte qui semble pourtant porteur, provoquant l’incompréhension des syndicats.

La Cooperl a décidé de s’affranchir du cours du porc fixé par le Marché du porc breton (MPB), selon des informations révélées par Ouest-France le 6 juillet. Le Conseil d’administration de la Cooperl aurait validé cette décision le 1er juillet, estimant qu’au vu du contexte (Brexit, distorsion de concurrence avec les Etats européens, ralentissement des commandes chinoises…), le cours du MPB était trop élevé (1,43 €/kg le lundi 4 juillet). Une mauvaise nouvelle pour les 2 700 éleveurs qui fournissent la coopérative, alors que la fameuse barre des 1,40 €/kg, avait été passée à la fin du mois de juin, soit un an après le début de la crise du porc et les incitations de Stéphane Le Foll à tenir ce cours de 1,40 €.

Des facteurs de marchés positifs

Le 7 juillet, le cours du porc au MPB progressait de nouveau de 1,5 centime (1,45 €). « Les facteurs d’influence du marché porcin restent positifs : demande supérieure aux offres de vifs dans toute l’Europe, réalisation de contrats exports vers l’Asie. En cette fin de semaine, l’Allemagne hausse de 3 cents, les autres pays du nord de l’Europe annoncent également de la fermeté. Dans le Sud, une même tendance est annoncée. Le facteur météo semble, cette fois, devenir favorable à la consommation de produits de saison après, il est vrai, une période médiocre », pouvait-on lire sur le site du MPB, ce jour-là. Le même jour, face à l’attitude de la Cooperl, l’Organisation nationale des éleveurs de porcs (Onep) de la Coordination Rurale dénonçait dans un communiqué de presse, « une double peine pour les éleveurs » adhérents : baisse des prix de leur production et perte de certains avantages financiers offerts par la coopérative (prix bas des aliments et des produits vétérinaires).

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Quelles intentions pour la coopérative ?

Interrogé, Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine observait que « l’an dernier, l’augmentation du prix à 1,40 €/kg avait été qualifiée de politique, mais aujourd’hui c’est un marché qui fonctionne plutôt bien, de concert avec les places européennes. […] Les mêmes personnes qui nous ont fait des leçons de morale sur le respect de l’offre et de la demande sont en train de s’en affranchir ». Et de préciser  : « On peut se poser la question de savoir si sa politique n’est pas d’influencer le marché afin d’avoir des prix bas pour ensuite construire sa stratégie au bénéfice de ses adhérents, mais au détriment des éleveurs bretons ». Pour François Valy, président de la section porc de la FRSEA Bretagne, « la Cooperl a fait le choix de sauver son outil industriel mais pas les éleveurs. Elle a annoncé la semaine dernière un projet de méthanisation à 15 millions d’euros mais ce serait bien qu’elle soutienne d’abord les éleveurs. […] Je me garderais de dire que ça va entraîner une baisse du marché, mais ce n’est pas un bon signe, car la Cooperl est suivie par l’Espagne et l’Allemagne ». La coopérative a réalisé l’an dernier 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, identique à celui de 2014, pour un résultat de 5 millions d’euros.