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Congrès La Coordination rurale continue son combat

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La Coordination rurale a tenu son vingtième congrès jeudi 5 décembre à Saint-Malo. Même si la réforme de la Pac, enterrant toute forme de régulation, ne lui convient pas, elle continuera à défendre ses revendications. Stéphane Le Foll, cordialement accueilli, a fait le déplacement en tant que rassembleur du monde agricole. Le syndicat a réélu Bernard Lannes à sa présidence.

C'est pour « manifester son attachement au pluralisme syndical » et pour « construire ensemble » que le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'est rendu jeudi 5 décembre au vingtième congrès de la Coordination rurale, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Affichant fièrement sa place de second syndicat agricole français, la Coordination rurale a réélu Bernard Lannes, producteur de céréales et de poulets dans le Gers, à sa présidence pour les trois prochaines années et renouvelé son comité directeur (7 nouveaux membres sur 17).
 
Le Foll en rassembleur
Alors que l’entourage du ministre redoutait un accueil hostile, d’après les dirigeant du syndicat, l’ambiance était amicale. Stéphane Le Foll, plusieurs fois applaudi lors de son discours, est ensuite resté plusieurs dizaines de minutes à répondre aux inquiétudes des agriculteurs devant le bâtiment.
À la tribune, il a une nouvelle fois répété son discours sur l’agroécologie, affirmant que « la dimension économique de l'agriculture n'est pas incompatible avec la prise en compte de l’environnement». Alors que le syndicat est connu pour son hostilité aux normes environnementales, Stéphane Le Foll a mis en avant les techniques culturales simplifiées et le non-labour, des pratiques plébiscitées par la Coordination rurale, affirmant qu’elles pourraient faire partie de son projet d’agroécologie. « Ce qui m'intéresse, c'est de donner les moyens aux agriculteurs d'être eux-mêmes les acteurs de ces enjeux. Je souhaite que la Coordination rurale, qui compte des pionniers, soit un élément de proposition pour les groupement d'intérêts économique et écologique (GIEE) », a t-il affirmé.
En désaccord avec la Coordination rurale sur le couplage des aides, le ministre s’est justifié, expliquant que le recouplage était nécessaire « pour maintenir un soutien spécifique à l'élevage. Avec un découplage total, les agriculteurs feraient le choix économique d'aller vers les céréales ». Il réfute l'accusation selon laquelle il opposerait les agriculteurs entre eux : « On a besoin de céréales et de producteurs de céréales, mais nous essayons d'arbitrer entre ceux qui ont le plus de difficultés et ceux qui en ont le moins. Si on aide un peu plus les productions animales, c'est parce qu'aujourd'hui elles en ont besoin pour rebondir », a t-il tenté de démontrer.
 
Assurer un revenu par les prix
Contraint par l’emploi du temps du ministre, Bernard Lannes s’est exprimé une fois Stéphane Le Foll parti. Selon lui, l’idée du ministre sur l'agriculture durable « doit être basée sur un revenu décent pour les agriculteurs ». Un revenu qui passe nécessairement par le consommateur : se basant sur les chiffres de l'observatoire de formation des prix et des marges, il calcule que « si on augmente de 40% les prix à la production, le panier de la ménagère subira une inflation de 3,2% et la part du budget total des ménages consacré à l'alimentation passera de 9,3 à 9,6% ».
La réforme de la Pac est un échec selon la Coordination rurale, puisqu’elle met fin à la régulation qui avait encore cours dans quelques secteurs. Pour Bernard Lannes, la Pac est un « rendez-vous manqué »: « Les ultra libéraux l'ont emporté, laissant l'agriculture sans protection », estime-t-il, regrettant la fin des quotas laitiers et sucriers : « Même le semblant de filet de sécurité, censé agir quand les prix seront vraiment bas, ne nous nous protégera pas ». Sur le couplage des aides, il plaide pour un « découplage qui va libérer les agriculteurs du carcan dans lequel l'agroalimentaire, soutenu par la FNSEA-JA et l'APCA, veut les enfermer, les réduisant à des apporteurs de matière première à bas coût ».
Même si les orientations de la Pac vont à l’encontre des revendications de la Coordination rurale, Bernard Lannes a appelé les adhérents à participer aux débats et discussions concernant l’agriculture, estimant que « la pire des politique est celle de la chaise vide ».

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