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Lait La Coordination rurale s’exprimera devant l’interprofession

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Après plusieurs heures d’occupation du Cniel (Centre national interprofessionnel de l’économie laitière) par près d’une centaine de membres de la Coordination rurale à Paris le 3 novembre, l’organisation syndicale a obtenu de pouvoir exposer à toutes les familles professionnelles les motifs de sa demande d’intégration au sein de l’interprofession laitière.

La délégation de l’Organisation des producteurs de lait, émanation de la Coordination rurale, qui a occupé les locaux du Cniel à la Maison du lait rue de Châteaudun à Paris pendant plusieurs heures, a pu signer avec le président de l’interprofession Henri Brichart un accord. En voici le texte, publié par un communiqué de la Coordination : « Lors de sa rencontre avec les représentants de l’OPL et de la Coordination rurale d’une part, du président et du directeur général du CNIEL d’autre part, il a été convenu que serait organisée d’ici la mi-janvier une réunion permettant aux représentants de ces syndicats d’exposer à la représentation des familles du Cniel les motifs de leur demande d’intégration au sein de l’interprofession ».

François Lucas, président de la CR, a indiqué pendant l’occupation des locaux que la demande des syndicats minoritaires à siéger au Cniel s’est heurtée jusque-là à des refus et que la loi d’orientation tend à « verrouiller ce caractère monopolistique». « C’est la même chose à Inaporc. On nous demande combien nous représentons de tonnes de production. Est-ce que la représentativité syndicale s’apprécie en proportion des tonnages produits?».

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C’est le fait « de ne pas avoir de représentants de tous les syndicats de producteurs qui a permis la dérive que nous voyons aujourd’hui, c’est-à-dire la baisse continue des prix du lait», a dénoncé François Lucas.

Henri Brichart : « Nous aussi nous sommes d’accord pour faire monter le prix du lait »

L’intégration des syndicats minoritaires au sein de l’interprofession laitière «n’est pas la voie souhaitée», a-t-on déclaré dans l’entourage d’Henri Brichart, qui est aussi président de la Fédération nationale des producteurs de lait, association spécialisée de la FNSEA. Une telle intégration paraît «compliquée» dans ses implications, a-t-on ajouté. Élargir la représentation à ces syndicats risquerait de rendre plus difficile le fonctionnement de l’interprofession, notamment dans les discussions avec les transformateurs sur les prix du lait et sur l’exportation, a-t-on expliqué. « Nous aussi nous sommes d’accord pour faire monter le prix du lait», indique-t-on au Cniel. La différence d’approches a lieu autour de la notion de compromis, vu par les minoritaires comme une compromission. Elle a lieu aussi à propos de l’exportation. Pour la CR, la partie qui est exportée conduit les producteurs à s’aligner sur le marché mondial, puis la baisse des prix « contamine le marché intérieur ». Le président du syndicat cite un exemple d’interprofession réussie à ses yeux : le Bureau national interprofessionnel du cognac, où prédomine la règle de l’unanimité dans le collège des producteurs, « est une interprofession qui fonctionne ».