Après avoir dépassé la Confédération paysanne aux dernières élections aux chambres d’agriculture, la Coordination rurale veut poursuivre sa progression à l’occasion du scrutin 2019. Elle avait acquis quatre départements en 2007, échouant de justesse dans quelques autres, comme en Dordogne et en Haute-Vienne, où elle espère cette fois-ci l’emporter.
La Coordination rurale (CR) a présenté, le 4 septembre, les contours de sa campagne pour les élections aux chambres d’agriculture 2019, avec pour mot d’ordre : « Il est temps avec vous de changer notre modèle agricole ». Se gardant de chiffrer ses objectifs, le syndicat qui s’était classé 2e au précédent scrutin, veut continuer d’améliorer à la fois son score national (environ 20 % en 2013 ; 18,7 % en 2007) et le nombre des chambres départementales qu’elle contrôle – quatre actuellement dont une sur une liste commune avec la Confédération paysanne. « Je n’ai jamais dit qu’il fallait éradiquer la FNSEA, annonce le président de la CR Bernard Lannes, mais il faut un rééquilibre, pour qu’elle reçoive un message, celui de redonner davantage de pouvoir aux agriculteurs. » La liste commune du Puy-de-Dôme sera reconduite, mais « c’est une décision départementale, une histoire d’hommes », précise Bernard Lannes, qui ne s’oppose pas par principe à d’autres listes communes. « Mais ça ne peut pas être de l’arithmétique, car cela ne fonctionne pas en politique, il faut avoir un projet commun. »
« La régionalisation nous est favorable »
Sur le terrain, le syndicat reconduit la méthode de la précédente campagne : des « apéros de campagne », organisés dans des exploitations, pour « partager et discuter ». Sur le fond, la CR espère profiter de la régionalisation des chambres d’agriculture, en particulier de la taille importante de certaines nouvelles régions, ainsi que des difficultés de certaines filières, pour mettre en lumière son alternative. « La régionalisation nous est favorable et les comptes d’exploitation nous donneront raison », estime Bernard Lannes. « Aux dernières élections, nous étions très près de gagner de nombreuses chambres. Les équipes sont toujours en place. » Outre les départements qu’elle a déjà remportés en 2007 – Lot et Garonne, Charente, Calvados et Puy de Dôme –, la CR peut lorgner sur la Dordogne, la Haute-Vienne, où elle avait échoué de justesse, voire sur le Gers et la Lozère, où le syndicat avait dépassé les 35 %. « Nous avons un bilan à défendre dans les chambres, estime Bernard Lannes. Et nos idées, comme les prix rémunérateurs, sont reprises par tout le monde. »
« Redéployer des techniciens sur le terrain »
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Au niveau national, le syndicat veut toujours que « le syndicalisme s’arrête à la porte de la cour de ferme », et martèle ses « fondamentaux », que sont « le prix rémunérateur » ou la « régulation ». Dans l’actualité, la CR s’en est pris au Contrat de solutions proposé par la FNSEA sur le sujet des produits phytosanitaires. « C’est une recette bien connue : " vous vous sauverez grâce à la technologie, adaptez-vous et mangez votre voisin !" Nous disons que c’est un contrat de soumission, car les agriculteurs finissent par être inféodés à ces outils qu’ils sont censés maîtriser. Ces services sont coûteux ; pour pouvoir se les offrir, il faut avant tout des prix. » Concernant la gestion des chambres d’agriculture, la Coordination rurale propose de « redéployer des techniciens sur le terrain », et veut s’opposer à une trop grande « régionalisation de la gouvernance ». « Nous sommes d’accord pour mutualiser les moyens à l’échelle régionale mais pas la gouvernance politique. Par exemple, nous ne voulons pas que ce soit le président régional qui décide du choix des directeurs départementaux ».
« Nous avons un bilan à défendre »
« Redéployer des techniciens sur le terrain »