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La Corrèze lance un plan de lutte contre la désertification vétérinaire

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Le département vient de présenter un plan de 1,2 M€ sur cinq ans pour ouvrir des aides aux étudiants vétérinaires et à l’installation, et mettre en place un numéro d’appel d’urgence la nuit et le week-end.

La Corrèze engage un plan d’action pour encourager l’installation de jeunes vétérinaires travaillant auprès des animaux d’élevage, devenant la première collectivité à se saisir de la possibilité ouverte par la loi Ddadue de délivrer des aides aux étudiants et à l’installation des praticiens vétérinaires. Financé à hauteur de 1,2 M€ sur cinq ans, ce plan comprend une aide à l’installation de 20 000 € pour les vétérinaires qui s’engagent à s’établir au minimum pour cinq ans dans le département et une aide à l’investissement pour la création ou l’agrandissement de maisons de santé vétérinaire, à hauteur de 20 % du coût du projet et avec un plafond à 100 000 €.

Le conseil départemental a déposé sa candidature à l’appel à manifestation d’intérêt diffusé par l’Ordre des vétérinaires et le ministère de l’Agriculture pour faire partie des six territoires pilotes en matière de lutte contre la désertification vétérinaire et bénéficier d’un diagnostic territorial. Dans ce département rural où 90 % des exploitations font de l’élevage, il apparaît urgent de renouveler le vivier de vétérinaires alors que 45 % d’entre eux ont plus de 50 ans.

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« Démystifier le rural »

Un volet entier du plan est orienté vers les étudiants vétérinaires : avec des indemnités de logement (300€/mois) et de déplacement (300 €/mois) pour les stagiaires, ainsi qu’une bourse de 800 €/mois pendant la dernière année d’études pour les étudiants qui s’engageront à travailler en Corrèze pendant cinq ans par la suite. « Chez les médecins, 80 % des lieux d’installation sont conditionnés par les lieux de stage », observe le président de Région, Pascal Coste, lui-même éleveur. Il faut « démystifier le rural », assure-t-il. Le conseil départemental espère accueillir dès la rentrée 2022 entre huit et dix étudiants en stage.

Ces aides financières s’accompagnent de la mise en place du Savu 19 (Service d’aide vétérinaire d’urgence) : un numéro d’urgence unique pour la nuit et les week-ends. Dans un premier temps, il sera entièrement financé par la région. Les vétérinaires du Savu 19 assureront la régulation et réorienteront les éleveurs vers les vétérinaires locaux en cas d’urgence. « On espère diviser par quatre ou cinq le nombre d’interventions des vétérinaires la nuit », indique Pascal Coste. Le département lancera prochainement un appel d’offres auprès des centres vétérinaires pour assurer les permanences.

Renouveler le vivier des vétérinaires, dont 45 % dépassent les 50 ans