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La CR au chevet des zones d’élevage touchées par la déprise

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Réélu le 4 décembre en assemblée générale, le président de la Coordination rurale Bernard Lannes met l’élevage et la déprise au rang de priorité d’action pour son dernier mandat à la tête du syndicat.

Bernard Lannes, président de la Coordination rurale l'affirme : « Il y a deux agricultures en train de se séparer. D’un côté, une grosse agriculture industrielle qui a encore de la résilience. De l’autre, une petite agriculture qui opère une montée en gamme, occupe de petits créneaux et s’en sort bien».

Réélu le 4 décembre en assemblée générale pour son dernier mandat, il estime que le rôle de la CR est « plutôt de regarder ce qui se passe en région Centre, à savoir des zones intermédiaires, ou dans les territoires d’élevage, là où il y a une déprise totale et des producteurs démoralisés car sans perspectives d’avenir. Pour eux, on va se battre sur la nouvelle Pac : c’est cette agriculture qu’il faut protéger. »

Le syndicat opère donc un « changement de stratégie », érigeant l’élevage comme « secteur numéro un ». Ce nouveau tropisme est notamment lié au constat que « la course à l’agrandissement » montre ses limites, d’après Bernard Lannes. « Même ceux qui ont doublé le nombre de bêtes et la surface ne s’en sortent pas, avec des prix inférieurs aux coûts de production. »

Renouvellement des générations

La Coordination rurale apparaît aussi très attentive au renouvellement des générations. 50 % des agriculteurs ont 54 ans, d’après ses chiffres. « Des jeunes doivent s’installer », souligne le président, notant que « dans les écoles, la moitié des élèves ne sont pas issus du monde agricole ».

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« Il y a une agriculture de proximité, moins gourmande en capitaux, une agriculture périurbaine, qu’il faut développer. A la CR, on est en train de s’y intéresser plus fortement. Parce que, contrairement à d’autres syndicats, qui ont peur du statut de pluriactif, nous on y croit. Etre agriculteur aujourd’hui, c’est peut-être avoir plusieurs cordes à son arc. Exemple avec l’agriculture de proximité, qui permet de rester très proche des villes, en offrant des services tout en gardant une fonction nourricière. »

Bernard Lannes : le rôle de la CR est « plutôt de regarder ce qui se passe en région Centre

La CR propose un statut de « gérant salarié, détenteur du capital d’exploitation »

Lors de l’AG précédent son congrès à Compiègne du 5 décembre, la coordination a par ailleurs mis à l’ordre du jour le statut de gérant salarié, détenteur du capital d’exploitation. Son souhait est de le voir accessible « à tous sans limitation des aides Pac ». Un tel statut « réglerait d'une part le problème de rémunération qui devient prioritaire – comme les salariés sont des débiteurs privilégiés – et celui des arrêts de travail, voire d'invalidité, qui aujourd'hui peuvent mettre en péril les exploitations ou la santé des exploitants en l'absence de possibilité de remplacement », affirme la CR.