Une centaine d’agriculteurs de la Coordination rurale ont manifesté le 14 mars devant le siège parisien d’Intercéréales, pour que le syndicat soit intégré au sein de cette interprofession et puisse peser sur le plan de filière présenté après les États généraux de l’alimentation.
« C’est la dernière interprofession où l’on n’est pas », a déclaré le président Bernard Lannes lors d’un point presse organisé devant le bâtiment d’Intercéréales, à Paris, le 14 mars. « L’Europe impose 70 % de représentativité syndicale », a-t-il fait valoir, rappelant que son syndicat a obtenu environ 24 % des suffrages, toutes filières confondues, lors des dernières élections des chambres d’agriculture.
Une délégation des manifestants a été reçue par Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales, et des représentants des trois collèges de l’interprofession, à savoir Philippe Pinta, président de l’AGPB (producteurs de blé), Antoine Pissier, président de la FNA (négociants), Lionel Deloingce, président de l’ANMF (meuniers).
Stratégie de la filière
Lors de cet entretien, la CR a souligné « la nécessité de changer de stratégie en adoptant une réflexion fondée sur une vision globale des grains (céréales et oléoprotéagineux confondus) en regroupant notamment les instituts techniques, les interprofessions et les conseils de FranceAgriMer », selon un communiqué. Elle a demandé son « intégration à part entière » dans Intercéréales avec l’attribution de deux sièges lui permettant de « peser sur les décisions ».
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L’interprofession rappelle, dans un communiqué, avoir proposé en 2015 à la CR de devenir membre, ce qu’elle a refusé, selon Intercéréales. Et d’annoncer que l’examen de sa candidature sera à l’ordre du jour du prochain conseil d’administration. Concernant le plan de filière, Intercéréales précise avoir consulté la CR.
La CR réfute : « Le plan de filière céréales n’a été fait que par un seul syndicat, la FNSEA », a déclaré face à la presse Bernard Lannes, critiquant « la vocation exportatrice » de la France mise en avant dans ce plan. « Exporter du blé à 140 euros la tonne aujourd’hui, pour attaquer des marchés sur lesquels on ne sera jamais compétitifs, les agriculteurs n’en peuvent plus, c’est une folie destructrice », selon lui. « Reprenons notre autosuffisance en céréales et en protéines végétales ; il manque en Europe 1,5 fois la production française », a-t-il estimé, réclamant un meilleur prix payé aux céréaliers français, pour une meilleure prise en compte de la matière première dans le prix de la baguette de pain, par exemple.
La CR veut un changement de stratégie en adoptant une réflexion fondée sur une vision globale des grains