« Combler le déficit d’emplois » dans les zones rurales, dont la situation est, en règle générale, nettement moins enviable que les zones à prédominance urbaine : tel est le thème d’un rapport de la Commission européenne qui, publié le 21 décembre, souligne la nécessité pour les Etats membres d’axer leurs programmes de développement rural sur « la priorité essentielle qu’est la création de possibilités d’emploi ». Une tâche pour laquelle doit être mobilisé « l’éventail complet des instruments communautaires », ajoute la communication de Bruxelles.
Les zones rurales de l’Europe sont diverses et incluent bon nombre de régions en pointe, constate le rapport de la Commission. Cependant, certaines d’entre elles, et notamment celles qui sont les plus éloignées, dépeuplées ou dépendantes de l’agriculture, font face à des défis particuliers en ce qui concerne la croissance, l’emploi et le développement durable pendant les années à venir. Il s’agit notamment des défis suivants :
– faibles niveaux de revenus,
– situation démographique défavorable,
– taux d’emploi plus faibles et taux de chômage plus élevés,
– développement plus lent du secteur tertiaire,
– faiblesses en matière de compétences et de capital humain,
– manque d’opportunités pour les femmes et les jeunes,
– manque de compétences nécessaires dans certaines parties du secteur de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire.
Risque d’exclusion
En outre, poursuit le document de Bruxelles, la restructuration et la modernisation continues de l’agriculture européenne imposeront une lourde charge à bon nombre de zones rurales.
Sur la base des tendances actuelles, il faut s’attendre à ce que dans l’UE-15 quelque 2 millions de travailleurs sur une base à temps plein quitteront le secteur d’ici à 2014. En outre, 1 à 2 millions de travailleurs à temps plein peuvent potentiellement quitter le secteur dans les dix nouveaux États membres et 1 à 2 millions de travailleurs en Bulgarie et en Roumanie. Il convient d’y ajouter environ 5 millions de chômeurs cachés dans les exploitations agricoles.
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Ces changements toucheront la plupart des zones rurales. Dans les zones à composante rurale significative, le défi consistera à éviter le risque d’exclusion lié au manque de compétences et aux faibles revenus. Dans des régions plus éloignées connaissant des niveaux plus élevés d’emploi dans l’agriculture, la gestion du processus de restructuration jouera un rôle important dans l’économie rurale au sens large.
S’adapter
Néanmoins, souligne la Commission, les zones rurales offrent également des perspectives réelles quant au potentiel de croissance dans de nouveaux secteurs, à la fourniture de structures d’accueil en milieu rural et au tourisme, à leur attractivité comme lieu de vie et de travail et à leur rôle de réservoir de ressources naturelles et de paysages de grande valeur.
L’agriculture européenne propose beaucoup de produits de grande qualité. Les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation doivent saisir les occasions offertes par les nouvelles approches, les technologies et l’innovation pour répondre à l’évolution de la demande des marchés tant en Europe que dans le monde. Cela exigera le développement de nouvelles compétences, de l’esprit d’entreprise et de la capacité d’adaptation pour fournir de nouveaux types de services.
En résumé, les zones rurales d’Europe doivent exploiter leur potentiel ou risquent d’accuser un retard encore plus marqué par rapport aux zones urbaines, notamment dans les zones les plus éloignées et les plus agricoles.
Recommandations
La Commission formule donc une série de recommandations. Notamment :
– « le processus de réforme de la Pac, avec une orientation accrue sur le marché et la stabilisation des revenus par les aides directes, doit être maintenu et consolidé ;
– les Etats membres doivent utiliser les possibilités existantes pour encourager et soutenir les cultures énergétiques et le développement d’entreprises productrices d’énergie renouvelable, qui peuvent aider à stabiliser l’emploi dans les zones rurales et à contribuer sensiblement à la promotion du développement durable ;
– « conformément aux orientations stratégiques de la Communauté pour le développement rural, les Etats membres doivent utiliser leurs programmes de développement rural pour mettre en œuvre les priorités que sont le transfert des connaissances, la modernisation, l’innovation et la qualité dans la chaîne alimentaire, l’investissement dans le capital humain, ainsi que la priorité essentielle qu’est la création de possibilités d’emploi et des conditions de la croissance ;
– « comme le développement rural ne peut que jouer un rôle pour combler le déficit d’emplois, l’éventail complet des instruments communautaires doit être utilisé pour promouvoir la croissance de l’emploi dans les zones rurales. Les Etats membres doivent faire en sorte que les synergies entre les politiques structurelles, les politiques de l’emploi et les politiques de développement rural soient maximisées autant que possible. »