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UE/Vin La création d’un groupe de travail sur les droits de plantation bien accueillie

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Les professionnels européens du secteur vin attendent du nouveau groupe de réflexion sur l’avenir des droits de plantation des éléments décisifs en leur faveur. Ils espèrent des décisions rapides de la Commission.

La mise en place d’un « groupe de réflexion de haut niveau » sur l’avenir des droits de plantation annoncée par la Commission européenne réjouit le Comité européen des entreprises vinicoles (CEEV) ainsi que les producteurs de vins d’origine regroupés au sein de l’association EFOW (1). Ces organisations expriment l’espoir que ce groupe de réflexion pourra ouvrir un débat global sur les enjeux futurs pour la compétitivité de la filière vitivinicole. Elles se disent très préoccupées par l’impact qu’aurait l’abolition en 2015 des droits de plantation sur la situation du secteur vitivinicole européen que l’UE a décidée suite à la dernière réforme de l’Organisation commune du marché (OCM) du vin, en 2008. Pour l’instant 13 Etats membres de l’UE producteurs de vins souhaitent le maintien de ces droits de plantation qui, à leurs yeux, sont un outil efficace de régulation pour contrer la délocalisation de la production vers les zones les plus favorables économiquement, au profit des seuls « poids lourds » du marché viticole et au détriment d’une viticulture qui fournit des emplois.

Nécessité de réguler la production
« Il n’est pas concevable à ce stade, dans le cadre de la réforme de la Pac, d’engager la remise en cause d’un élément essentiel de l’équilibre de la réforme, tel que la fin de l’interdiction européenne des nouvelles plantations de vignes, sans aborder l’ensemble des autres problématiques liées au secteur vitivinicole, notamment la possibilité d’amélioration de la régulation économique de la filière ». José Ramon Fernandez, secrétaire général du CEEV (Comité européen des entreprises vinicoles), considère que le « groupe de réflexion de haut niveau » proposé par le commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, « peut être le cadre d’une réflexion qui permettrait à l’ensemble des acteurs concernés de discuter du bilan de l’application de la réforme et de dégager d’éventuelles pistes de travail ». Le leader du CEEV considère que le maintien d’une interdiction des plantations « appliquée sans discernement sur l’ensemble du territoire de l’UE ne saurait être acceptée ». Selon lui, il est tout à fait nécessaire d’entamer une réflexion pour favoriser la régulation économique de la filière en vue d’améliorer l’adaptation de l’offre à la demande des consommateurs . Les membres du CEEV estiment nécessaire de sortir « d’un système d’interdiction totale et aveugle au niveau de l’UE qui ne tient nullement compte de l’extraordinaire diversité du vignoble européen » et qui freine par ailleurs « le dynamisme des opérateurs de la filière et de leur adaptation au marché ». Pour eux , il est également essentiel de repenser les modalités de régulation économique de la filière en soulignant que le potentiel de production, au même titre que d’autres facteurs, constitue un élément de cette régulation ».

Une décision avant la fin de 2012
Même son de cloche de la part des membres d’ EFOW, la Fédération européenne des producteurs de vins d’appellations d’origine contrôlée, qui estiment que la mise en place de ce groupe de réflexion de haut niveau sur les droits de plantation « témoigne de la prise en compte par le commissaire Dacian Ciolos de la gravité du sujet et des conséquences extrêmement lourdes liées à la dérégulation du secteur ». Pour eux, les décisions doivent être prises impérativement dans le cadre de la réforme de la Pac, c’est-à-dire avant la fin de 2012. « Réfléchir oui, mais décider et décider vite ! », a averti Bernard Farges, vice-président d’EFOW et président de la Cnaoc. « Quand nous parlons des droits de plantation, nous parlons de la survie de notre secteur, de l’économie de nombreuses régions, du maintien des exploitations familiales et de l’aménagement du territoire », a-t-il souligné avant de préciser que la profession attend « des décisions concrètes à court terme, c’est-à-dire avant la fin de 2012 dans le cadre de la réforme de la Pac ». Les premiers débats du groupe de réflexion sur les droits de plantation sont programmés pour le printemps 2012 et l’élaboration d’un rapport final sur l’avenir des droits de plantation est attendue pour la fin de l’automne 2012.

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