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Porc et dioxine La crise irlandaise repose la question du logo VPF

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La crise du porc contaminé à la dioxine en Irlande a posé, une nouvelle fois, la question du logo VPF (Viande porcine française) et de son utilisation. Dans un commmuniqué du 9 décembre, les éleveurs (FNP) et les coopératives (Coop de France) ont demandé l’application plus large de ce logo pour pouvoir rassurer le consommateur sur l’origine des viandes, compte tenu du faible montant des importations de porcs irlandais. Tout en étant sceptiques sur l’efficacité de la démarche.

Les consommateurs connaissent-ils l’origine de la viande de porc qu’ils achètent ? Pas suffisamment à en juger par le scepticisme des éleveurs et coopératives, quelques jours après l’annonce de présence de dioxine dans les porcs irlandais dont une partie a été importée en France.

Dans un communiqué diffusé le 9 décembre, les éleveurs de porcs (FNP) et coopératives (Coop de France) ont demandé à la filière que soit largement utilisé le logo VPF (Viande porcine française) afin de rassurer les consommateurs français sur la provenance de la viande consommée. Selon les deux organisations, ce logo peut concerner 90 % de la viande de porc française. « Mais les partenaires aval ne sont pas très motivés », a regretté Jean-Michel Serre, président de la FNP. L’indication de provenance dépend en fait davantage du lieu où la viande a été transformée que du lieu où le porc a été élevé. Elle est donc particulièrement difficile à définir, concernant l’élevage, dans le cas des produits de seconde transformation, après l’abattage.

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1 600 t importées depuis septembre

En fait, la quantité de viande de porc importée a été relativement limitée. Elle ne porte que sur 1 600 tonnes, a annoncé la Direction générale de l’alimentation (DGAL) le 8 décembre. Les importations de viande de porc irlandaise sont très faibles et représentent 0,7 % de la consommation française (soit 2 Mt par an). Alertée le 7 décembre par Bruxelles, la France a demandé aussitôt aux traders et industriels importateurs de tracer les viandes non consommées et de les retirer du marché. Selon l’Afssa, la population française « n’a pas subi une surexposition élevée » depuis septembre. L’exposition de la population française à la dioxine par la voie alimentaire a été divisée par deux depuis 1990 et ramenée à 1,8 picogramme par jour et par kg de poids corporel, a annoncé à cette occasion l’Afssa. En Irlande, 10 exploitations sont, depuis l’annonce du problème, placées sous séquestre et font l’objet d’une enquête pour déterminer l’origine de la contamination des aliments pour animaux.

Des bovins aussi

Bruxelles a confirmé le 9 décembre qu’une usine de production d’aliments pour animaux était liée à la contamination. « La nourriture contaminée a été livrée à 10 élevages de porcs et 38 élevages de bétail en Irlande ainsi qu’à 9 élevages de porcs en Irlande du Nord. La façon dont la contamination a eu lieu doit encore être clarifiée », a indiqué Nina Papadoulaki, porte-parole de la Commission responsable des questions de santé. Plusieurs troupeaux de bovins irlandais, ayant reçu la même alimentation, ont également été atteints, a annoncé le ministre irlandais de l’Agriculture, Brendan Smith.