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La crise monétaire turque pourrait déstabiliser les exportations bovines

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La crise monétaire qui touche la Turquie, conséquence directe des tensions diplomatiques entre Washington et Ankara, pourrait entraîner une diminution des importations de bovins maigres français et indirectement accroître la concurrence sur les autres marchés, analyse FranceAgriMer dans une synthèse parue début novembre.

Entre janvier et septembre, la livre turque a perdu près de 40 % de sa valeur par rapport au dollar. L’inflation a grimpé à 16 % au seul mois de juillet. Pour continuer de satisfaire la demande domestique et éviter une pénurie aux potentielles conséquences sociales, la Turquie ne devrait pas diminuer ses importations de bovins maigres, rassure FranceAgriMer. Mais du fait de la dépréciation de sa monnaie, les importateurs turcs risquent de privilégier la quantité à la qualité, se tournant alors vers des bovins vifs aux prix les plus bas, en provenance d’Amérique latine.

La Turquie pourrait également décider de limiter ses importations de bovins finis et de viande rouge fraîche ou congelée. La viande importée ayant une mauvaise réputation auprès des consommateurs turcs, ce secteur devrait être le plus affecté. La filière bovine française pourrait alors être « touchée de façon indirecte », explique FranceAgriMer. Les exportateurs voyant leur flux vers la Turquie se réduire chercheront d’autres débouchés. Cela pourrait être le cas de l’Espagne qui concurrencerait la France sur le marché libanais des bovins finis. La Pologne pourrait aussi reporter ses exportations de viande fraîche sur l’Allemagne, l’Italie ou la Grèce, qui sont des clients historiques de la France.

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Bien que la situation actuelle ne soit pas des plus favorables à la filière bovine française, les efforts doivent être maintenus pour que « les barrières liées au sanitaire ne soient bientôt plus un obstacle pour les professionnels souhaitant vendre leurs animaux à ce pays du Moyen-Orient », estime FranceAgriMer. En effet, l’ambassade de France en Turquie estime que le besoin turc en viande rouge et en bovins vivants reste durable.

Les importateurs turcs risquent de privilégier des bovins vifs aux prix les plus bas.