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 Viticulture La crise pourrait peser sur le prix du foncier viticole

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Le prix du foncier viticole, qui enregistre une hausse régulière depuis plusieurs années, pourrait connaître des turbulences et des baisses en raison de la crise traversée par la viticulture, selon l’étude annuelle sur le foncier rural d’Agri France, filiale spécialisée de BNP Paribas, présentée le 9 février. Les grandes appellations seraient épargnées.

La crise structurelle que traverse le secteur, en raison d’une baisse de la consommation et d’une concurrence accrue à l’exportation, pourrait jouer à l’avenir sur le prix des vignes. Pour le moment, les viticulteurs laissent passer la crise et gardent leurs terres. Les prix restent donc stables sauf dans certaines zones.

« On signale seulement quelques trous d'air, profonds, mais ponctuels, avec des baisses de 20% à 30% dans le Bordelais», souligne Olivier de de la Selle, responsable d'Agri France. Selon lui, « le Bordelais est séparé en deux catégories : d'un côté, les grands crus classés qui continuent leur progression (+10% en moyenne en 2003) et peuvent atteindre 1,3 million d'euros l'hectare en Pomerol et de l'autre, la gamme moyenne ou basse où les prix stagnent, sinon régressent».

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La conjoncture est la même en Bourgogne où grands crus et premiers crus progressent (8% à 13%), tandis que le reste des appellations plafonne, avec un repli dans le Beaujolais de 15% aux environs de 35 000 euros l'hectare (ha). En Champagne, en 2002, le prix moyen était de 402 000 euros/ha, mais certaines transactions dépassent le demi-million d'euros/ha. En Alsace, où le marché est dynamique, les prix peuvent dépasser 150 000 euros/ha. En Côtes du Rhône, où les prix ont flambé en quelques années, le Châteauneuf du Pape se traite à plus de 300 000 euros/ha, le Gigondas à 100 000 euros et les Villages aux environs de 45 000 euros/ha. Plus des deux tiers des transactions du Languedoc se font en vins de pays au prix moyen de 20 000 euros/ha. Enfin, en Provence, le prix est passé en dix ans de 15 000 à 40 000 euros/ha (60 000 euros à proximité du littoral). Pour les domaines -de 1,5 à 3 millions d’euros-, la moitié de la demande foncière provient d'étrangers (Anglo-saxons, Scandinaves, Belges).

« Seules les très grandes appellations justifient encore les prix atteints par leur foncier. A l'inverse, les vignobles de moindre niveau devraient logiquement affronter un sérieux coup de vent», a affirmé Olivier de la Selle en présentant l’étude annuelle sur le foncier rural qui représente 7% des patrimoines privés.