La croissance du PIB provenant de l’agriculture augmente les revenus des pays les plus pauvres deux à quatre fois plus qu’une croissance du PIB qui n’est pas due à l’agriculture. Tel est un des points forts du rapport 2008 de la Banque mondiale sur le développement dans le monde, présenté le 8 novembre à la Fédération nationale du Crédit agricole, en présence du ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier.
D’abord la croissance agricole est le principal moteur de la croissance économique dans de nombreux pays pauvres, car c’est l’un des seuls secteurs d’activité, en termes d’emploi et de PIB généré, a soutenu Christopher Delgado, conseiller pour les stratégies et politiques rurales à la Banque mondiale. L’agriculture est une source de revenus importante, puisqu’elle concerne 2,5 milliards d’agriculteurs et 900 millions de ruraux vivant avec moins d’un dollar par jour, dans les pays en développement.
Ensuite, dans ces pays particulièrement, la productivité agricole influe directement sur la croissance économique globale. En effet, la productivité agricole détermine le prix des denrées alimentaires, et celui-ci détermine les coûts salariaux, et donc la compétitivité des secteurs exportateurs, a démontré Christopher Delgado.
Enfin, a-t-il ajouté, le secteur agricole est aussi « l’une des principales sources de services environnementaux, tels que la fixation de carbone et la gestion des bassins versants ».
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Révolution verte : pas dans le style des années 1970
Ce rapport intervient au moment où les prix agricoles augmentent fortement dans le monde, sensibilisant les décideurs à l’importance stratégique de l’agriculture. L’augmentation de la productivité pourra passer par la « révolution verte », mais celle-ci ne pourra pas être gérée comme la révolution verte indienne des années 1970. Elle devra être « décentralisée, multisectorielle et régionale ».
Ibrahim Assane Mayaki, ancien Premier ministre du Niger et actuel directeur exécutif du Hub rural à Dakar, a conseillé aux décideurs de « changer de mentalité ». Il a invité à ce que priorité soit donnée au développement des exploitations, au « soutien des paysans pour qu’ils deviennent des entrepreneurs » et au recentrage des activités des administrations. Les politiques économiques des années 1970 accordaient en effet une grande place aux administrations et à la grande industrie, éventuellement aux grandes exploitations agricoles, mais une place de second rang aux exploitants agricoles.
À l’occasion de la présentation de ce rapport, Michel Barnier a annoncé qu’un des trois colloques qui prépareront la présidence française de l’UE portera sur les solidarités alimentaires internationales.