La Nouvelle-Zélande présente des objectifs ambitieux quant à sa production de lait. Pour autant, cette dernière devrait se stabiliser à l’horizon 2025, selon l’Institut de l’élevage. Des enjeux environnementaux pointent le bout de leur nez et la crise laitière a révélé une certaine fragilité du secteur.
« Pas d’arrêt à moyen terme mais une inflexion de la croissance laitière », a pronostiqué l’Institut de l’élevage (Idele) quant à l’avenir de la production laitière en Nouvelle-Zélande à l’horizon 2025. Le 4 avril, lors de la conférence Grand Angle Lait, organisée par l’institut, Mélanie Richard, chef de projet à l’Idele, est revenue sur le développement laitier de la Nouvelle-Zélande. Un pays qui a de quoi attirer l’attention des économistes avec une multiplication par deux de sa production en vingt ans, un niveau de production proche de celui de la France, près de 95 % de sa production exportés (30 % des exportations mondiales) et un seul industriel majoritaire, la coopérative Fonterra. Pour obtenir un tel développement, les vaches laitières ont colonisé l’île du Sud et la productivité à l’hectare a fortement progressé. Les brebis et dans une moindre mesure les vaches allaitantes ont donc cédé du terrain (-30 millions de brebis en vingt ans). Dans l’île du Nord, entre 2000/01 et 2015/16, la production est passée de 9 800 kg/ha à 11 500 kg/ha et dans l’île du Sud, de 10 900 kg/ha à 13 600 kg/ha. La taille du cheptel par exploitation a également augmenté passant, par exemple, de 354 vaches à 624 dans l’île du Sud. « Les systèmes de production restent très basés sur l’herbe », relevait Mélanie Richard, avec en conséquence une saisonnalité marquée de la production. Pour autant, l’achat d’aliment en complément, induisant une intensification du système, s’est développé depuis dix ans. La résistance des exploitations face aux crises s’en est ressentie.
Une hausse de 130 % de l’endettement des exploitations en dix ans
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« La dernière crise laitière a mis en lumière une certaine vulnérabilité du secteur », relevait Mélanie Richard, avec une progression de l’endettement moyen des exploitations de 130 % entre 2005 et 2015. 77 % des exploitations avaient également des trésoreries négatives en 2015/16 et 20 % des exploitations regroupent près de la moitié de la dette laitière du pays. « Le prix des terres a également flambé », notait Mélanie Richard. Dans le pays, avec la baisse des cours mondiaux du lait, les banques ont accompagné les exploitations, qui possèdent encore « une certaine capacité d’adaptation ». Pour autant, elle alerte sur cette intensification laitière qui a eu des impacts sur l’environnement avec des bilans azotés sur les sites qui se dégradent et « un citoyen qui n’est pas acquis à cette production ». De plus, le secteur du tourisme, dont le poids économique est aussi important que celui du lait, pourrait trouver à redire à cette dégradation de l’environnement (pollution des eaux). Face à la volatilité mondiale et vu le niveau des exportations, Fonterra a même décidé de mettre en œuvre une stratégie de diversification et d’augmentation de la valeur ajoutée de ses produits, afin de gagner en indépendance. Les objectifs de la filière restent ambitieux avec une hausse des exportations en valeur de 55 % entre 2013 et 2020 et une hausse de production de 12 %.