La Roumanie pourrait, d’ici au 15 avril prochain, interdire à son tour, sur son territoire, la culture du seul OGM autorisé à ce jour en Europe, le maïs Mon 810. Attila Korodi, le ministre roumain de l’Environnement s’est dit Le lobby des semences OGM relativise ces déclarations, Greenpeace s’en félicite.
Les études en possession du ministre roumain de l’environnement « sont les mêmes que celles récemment utilisées par d’autres pays tels que la France, la Hongrie, l’Autriche et la Grèce pour justifier leur embargo sur le maïs Mon 810 de Monsanto », a-t-il précisé.
Le Comité roumain pour les biotechnologies devrait se réunir dans les prochains jours en vue de préparer un avis scientifique qui servira de base à Bucarest pour interdire ou pas ce transgénique. M. Korodi attend cet avis aux alentours du 15 avril prochain. D’ici là, il a demandé aux agriculteurs roumains, à l’occasion d’un salon sur l’agriculture biologique, de ne pas se lancer dans la mise en culture du Mon 810 au cours de cette campagne.
Greenpeace a immédiatement salué ce « revirement » de la Roumanie qui est le plus gros producteur européen de maïs. « L’embargo de la Roumanie constitue un séisme. Cela lance un message d’alerte sur les risques intolérables liés à cette technologie », s’est félicité Marco Contiero, le responsable européen de la campagne OGM de Greenpeace. Et d’ajouter : « Il est maintenant vital que la Commission européenne protège l’ensemble des agriculteurs européens, des consommateurs et l’environnement en introduisant un moratoire sur la culture des OGM ».
La Roumanie est le 7 e pays européen à avoir interdit les OGM sur son territoire, après la France, la Hongrie, l’Italie, l’Autriche, la Grèce et la Pologne, rappelle l’association.
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De son côté, le lobby des semences relativise la prise de position du ministre de l’environnement roumain et souligne que ce pays a toujours été pro-OGM. Avant l’adhésion à l’Union européenne, 140 000 hectares de soja OGM étaient cultivés dans ce pays, souligne-t-on. De plus, avant l’instauration d’un embargo, M. Korodi devra s’entendre avec le ministre de l’agriculture, ce qui ne sera pas chose facile, veut croire l’industrie.
Certification sans Bt63 systématique pour le riz chinois
Par ailleurs, la Commission européenne devait adopter, le 3 avril, une décision visant à mettre en place des mesures d’urgence liées à la présence éventuelle d’un OGM, le Bt63, non autorisé par la Communauté, dans les produits à base de riz originaires ou expédiés de Chine. A plusieurs reprises, le Bt 63 a été découvert dans des lots de riz chinois en 2006 et 2007. A compter du 15 avril, seuls les lots certifiés sans Bt63 pourront pénétrer sur le territoire de l’UE. Ils feront l’objet de vérifications et d’une accréditation ou seront accompagnés d’un rapport d’analyse. Cette décision sera revue dans six mois.
Autorisation du maïs GA21
De plus, comme prévu, la Commission européenne a donné, le 28 mars, son feu vert à la mise sur le marché de produits fabriqués à partir du maïs GA 21 pour les mêmes usages que tout autre maïs, « à l’exception de la culture ». Une décision importante pour la filière des aliments composés étant donné que cet OGM a été mis en culture en Amérique latine, et notamment en Argentine, l’un des principaux fournisseurs de la Communauté. La Commission européenne était en mesure de décider seule de mettre sur le marché ce maïs transgénique étant donné l’absence de majorité qualifiée pour ou contre au sein du Conseil. Lors du vote, le 18 février dernier, plusieurs Etats membres s’étaient abstenus (Allemagne, Irlande, France, Italie, Lettonie, Royaume-Uni) ou avaient voté contre (Chypre, Grèce, Luxembourg, Hongrie, Autriche, Pologne, Malte, Lituanie, Slovénie), les autres ayant pris position pour (Belgique, Bulgarie, République tchèque, Danemark, Estonie, Espagne, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Finlande et Suède).
Vers un srict encadrement des OGM en France
En France, le projet de loi sur les OGM a provoqué de vifs débats à l’Assemblée nationale. Il doit être adopté le 8 avril prochain. Un amendement parlementaire est en passe de contrôler strictement l’utilisation des OGM dans certaines régions sensibles, notamment les zones bénéficiant d’appellation d’origine contrôlée. Il prévoit que « l’utilisation des OGM ne peut se faire qu’en respectant non seulement l’environnement et la santé publique, maus aussi les structures agricoles, les écosystèmes régionaux et les filières commerciales qualifiées “sans organismes génétiquement modifiés” ». Selon un député français, ce texte va permettre d’instaurer des « sanctuaires dans lesquels l’administration dispose d’un outil juridique pour interdire la contamination et donc les OGM ».