Le marché mondial du vin, l’équivalent en valeur de l’industrie des cosmétiques, est promis à une croissance de près de 10 % d’ici 2010, selon les prévisions du cabinet IWSR pour Vinexpo, grâce notamment à l’arrivée de la Chine et de la Russie dans le club des 10 premiers pays consommateurs. Pour les spiritueux, dont la croissance a été de 7,4 % depuis 2001, le rythme attendu sera plus modéré, de l’ordre de 6 % d’ici 2010.
S’agit-il d’une sortie de crise ? Alors que l’écart entre production et consommation tend à se réduire à l’horizon 2010, la consommation mondiale de vin augmente de plus de 266 millions de bouteilles tous les ans.
En 2010, le marché mondial du vin devrait représenter 117 milliards de dollars (90 milliards d’euros), soit une hausse de 9,4 % en valeur entre 2005 et 2010, selon une étude IWSR présentée par Vinexpo, le salon mondial du vin, qui se tiendra à Bordeaux du 17 au 21 juin.
Ce chiffre d’affaires est deux fois plus élevé que celui cumulé des quatre champions de l’internet et de l’informatique (Google, Yahoo, Microsoft, ebay), les fameux « GYME », a indiqué Robert Beynat, commissaire général de Vinexpo.
Sur 10 ans, de 2001 à 2010, la consommation de vin aura connu une croissance en volume de 9,15 %, soit quelque 267 millions de bouteilles de plus bues chaque année dans le monde. En fait, après avoir progressé de 4,1 % entre 2001 et 2005, la consommation mondiale progressera légèrement plus vite (+4,8 %) d’ici 2010 pour atteindre 238,8 M d’hl (31,8 milliards de bouteilles).
Vin : réduction de l’excédent et accélération des échanges
Le niveau de la production de vin montre, lui, qu’en tendance lourde (sur dix ans), le différentiel par rapport à la consommation tend à se réduire. Entre 2006 et 2010, cet excédent devrait passer de 32,6 millions d’hl à 23,3 M hl seulement, pour ne plus représenter que
8,7 % de la production mondiale. L’accélération des échanges est sensible depuis 2001 puisque la consommation de vins importés a atteint 51,3 M hl en 2005 (24 % de la consommation totale), soit 21 % de plus qu’en 2001. A l’horizon 2010, elle devrait atteindre 58,8 M hl, enregistrant une nouvelle hausse de 14,6 % par rapport à 2005. Globalement, sur dix ans, cela constituera une progression de 38,6 %, quatre fois plus que la croissance de la consommation mondiale elle-même.
Dans les cinq prochaines années, les Etats Unis vont ravir à la France la première place des pays consommateurs en nombre de litres consommés par habitant. Devenus déjà le premier marché du vin en valeur en 2005, avec un chiffre d’affaires de 19,17 milliards de dollars, les Etats-Unis devraient y consacrer
22,7 milliards en 2010, alors qu’ils sont actuellement le quatrième pays producteur et le sixième exportateur.
En 2010, les Américains devraient avaler 27,3 millions d’hectolitres de vin, devançant les deux pays qui se disputaient jusqu’à présent le leadership pour les volumes consommés : l’Italie (27,2 millions) et la France (24,8 millions), selon l’étude réalisée par le cabinet britannique.
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La Chine, actuellement au dixième rang des pays consommateurs en 2005, sera le marché le plus dynamique pour le vin d’ici 2010. Avec une progression prévue de sa consommation d’environ 36 %, elle détrônera la Roumanie au 9e rang.
A la fin de la décennie, les Chinois devraient consommer quelque 5,58 millions d’hectolitres (sur un total mondial de 238,825 millions d’hectolitres) contre 4,10 en 2005 et 3,35 en 2001, soit 31,8 milliards de bouteilles.
La Russie, dont la consommation a augmenté de plus de 37 % entre 2001 et 2005, se hissera à la 8e place, juste derrière l’Espagne, avec une hausse de près de 30 % entre 2005 et 2010.
Parmi les 20 premiers pays consommateurs, seuls six d’entre eux (France, Suisse, Portugal, Argentine, Autriche et Espagne) voient leur niveau de consommation par habitant baisser.
Spiritueux : 1,6 fois le marché du vin
Le marché mondial des spiritueux, qui a généré un chiffre d’affaires de 169,9 milliards de dollars en 2005, va continuer à augmenter pour atteindre 180 milliards (près de 140 milliards d’euros) en 2010, soit 1,6 fois celui du vin. La consommation mondiale a atteint 2,1 milliards de caisses de 9 litres en 2005 et sera de 2,3 milliards en 2010. Sur la décennie, la progression aura atteint 13,9 %, soit 1,39 % par an.
L’Asie, qui a franchi en 2005 la « barre » du milliard de caisses de 9 litres, représente près de la moitié de la consommation mondiale de spiritueux, et verrait sa consommation augmenter encore de 8%.
Le cognac séduit particulièrement les Chinois, qui devraient en consommer 15% de plus entre 2005 et 2010. Sur ce chapitre, ils vont ravir la deuxième place aux Britanniques, derrière les Américains qui continueront à accroître leur consommation de 12,3 % d’ici 2010.
Le gin est en perte de vitesse et devrait encore régresser, en particulier aux Philippines, aux USA et en Grande-Bretagne, tandis que la consommation de rhum devrait progresser de 13,9 %, comme celle de scotch whisky (+6,2 %, grâce à de fortes croissances en Asie), de tequila (+28,2 %) et l’ensemble cognac-armagnac (+15,5 %).
Mais c’est la vodka qui reste de loin le premier alcool consommé dans le monde avec un peu plus de 500 millions de caisses de 9 litres en 2005. Sa progression devrait néanmoins se ralentir (+4,4 % d’ici 2010) après une poussée de près de 18 % depuis 2001.