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Allégations La DGCCRF bloque les allégations de la boisson « Outox »

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La boisson Outox, lancée à grand renfort médiatique comme devant « accélérer la chute du taux d’alcool dans le sang » et « permettant de recouvrer plus rapidement un état normal » ne pourra pas être commercialisée avec ces mentions, à la demande de la DGCCRF.

Le 18 juin, le jour même du lancement de la boisson « Outox » censée faire chuter le taux d’alcool dans le sang, les pouvoirs publics ont réagi fermement et interdit toute allégation de ce type à la marque.
« Ces allégations n’ont pas fait l’objet d’une évaluation par les autorités scientifiques européennes, alors que la législation communautaire le prévoit », a déclaré aussitôt Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du commerce et de la consommation dans un communiqué. De telles mentions ne peuvent en effet être utilisées qu’après une validation scientifique par l’Agence européenne de sécurité alimentaire (AESA), sur la base d’un dossier justifiant les effets attendus du produit.
Le produit sort donc sans l’indication prévue « the safety drink » ni aucune allusion à ses effets sur le taux d’alcoolémie du consommateur. Il n’est qu’un simple soda « légèrement pétillant et aromatisé tutti frutti ». En attendant une validation de la promesse produit par Bruxelles, déclare la société. Maurice Penaruiz, p.-d.g. de la société luxembourgeoise Outox, qui s’est félicité du vif engouement pour son produit dès les premières heures de sa commercialisation, table sur 700 000 à un million de canettes vendues d’ici la fin de l’année 2010 mais sa boisson n’est en vente actuellement que sur le site Internet de la société, au prix de 21,98 euros le pack de quatre canettes. Des négociations avec des distributeurs sont en cours, assure-t-on chez Outox, pour que ces canettes soient ensuite vendues dans des grandes surfaces, des bars ou des restaurants. Déjà l’impact de la marque irait, selon la société, « bien au-delà du territoire français pour toucher l’Europe entière et, en premier lieu, la Belgique, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne. Une forte sensibilisation a également été relevée en Amérique du Nord (Etats-Unis, Mexique) où le produit est en cours de lancement »

Beaucoup de précédents
De son côté, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a confirmé mener une évaluation des effets du fructose sur l’absorption d’alcool, au cœur de la polémique autour de cette boisson, mais elle dit n’avoir n’a pas reçu à ce jour de demande concernant l’évaluation d’une allégation spécifique au produit Outox.
Ce n’est pas la première fois que les pouvoirs publics sont confrontés au lancement de ce type de breuvages, qui les laissent relativement désarmés, selon le ministère de la Santé. Impossible de les interdire en effet tant qu’ils ne sont pas dangereux. Une première version d’Outox avait ainsi déjà été lancée par son fondateur, le Belge Marc Smaele au Canada, au Japon, en Hongrie ou en Espagne, mais uniquement pour des opérations ponctuelles. En France, le précédent qui avait fait le plus de bruit en France était celui de Security Feel Better, qui prétendait permettre de faire chuter trois à six fois plus vite le taux d’alcool dans le sang et qui avait été interdite quelques mois en 2006.

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