Abonné

La double qualité alimentaire réfutée par une étude

- - 4 min

L’étude du Centre commun de recherche n’a mis en évidence aucune preuve de disparités systématiques entre l’Europe orientale et l’Europe occidentale en ce qui concerne la composition des produits alimentaires de marque. C’est la conclusion à laquelle est arrivée la Commission européenne, à la grande satisfaction des entreprises alimentaires de l’Ouest.

Depuis 2016, les Etats membres de l’Europe orientale ont mis sur la table la problématique de ce que l’on appelle le « double niveau de qualité », c’est-à-dire que des produits alimentaires vendus chez eux seraient de moindre qualité que les produits de même marque commercialisés à l’Ouest et cela sous un même emballage. La Commission européenne a chargé le Centre commun de recherche de l’UE (CCR) de mener des enquêtes. Son premier rapport publié le 24 juin (1) porte sur 1 380 échantillons de 128 produits alimentaires (113 produits de marque et 15 produits sous marque de distributeur) de 19 États membres (2) qui ont accepté de participer à la collecte d’informations au cours de la période couverte par l’enquête (novembre-décembre 2018). Les principales conclusions de l’étude sont les suivantes :

– dans la majorité des cas, la composition correspond à la manière dont les produits sont présentés : 23 % des produits sont identiques en ce qui concerne la face avant de leur emballage et leur composition, et 27 % des produits signalent leur composition différente selon les pays de l’UE par des différences sur la face avant de leur emballage

– 9 % des produits présentés comme étant les mêmes dans l’ensemble de l’UE ont une composition différente : la face avant de leur emballage est identique, mais leur composition est différente

– une part supplémentaire de 22 % des produits présentés d’une manière similaire ont une composition différente : la face avant de leur emballage est similaire, mais leur composition est différente

- il n’existe pas de tendance géographique cohérente dans l’utilisation d’un emballage identique ou similaire pour des produits ayant des compositions différentes. Qui plus est, soulignent les auteurs du rapport, « la différence de composition constatée dans les produits testés ne constitue pas nécessairement une différence de qualité des produits ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
recherche
Suivi
Suivre

Satisfaction de l’industrie alimentaire de l’Ouest

Les fabricants européens de produits alimentaires se félicitent du rapport du Centre commun de recherche qui, selon eux, « ne constate aucun signe de fossé entre l’Est et l’Ouest en matière de qualité alimentaire ». FoodDrinkEurope, le lobby de l’industrie alimentaire de l’UE, et AIM (Association européenne des industries de marque) ont indiqué dans un communiqué commun que les conclusions du rapport du CCR « renforcent le fait que si les recettes d’aliments et de boissons peuvent être adaptées pour mieux servir les consommateurs à travers l’UE, cela ne doit en aucun cas être confondu avec une offre de produits moins bons ». Les deux organisations estiment que les résultats du rapport ne les surprennent pas d’autant plus que le rapport du CCR, selon elles, indique qu’il peut exister des différences dans la composition nutritionnelle et/ou les ingrédients, mais qu’elles ne sont pas structurellement liées à des zones géographiques spécifiques et peuvent, pour la plupart, être expliquées de manière logique. Elles expliquent qu’il est courant que les entreprises agroalimentaires adaptent leurs recettes pour un certain nombre de raisons, notamment le respect de la législation et des normes nationales, la disponibilité des matières premières et le soutien aux chaînes d’approvisionnement locales, la satisfaction des préférences et des attentes des consommateurs locaux et les investissements dans les efforts de reformulation des produits pour améliorer le profil nutritionnel des produits.
Suite à la publication du rapport du CCR, la Commission européenne a lancé le même jour un nouvel appel à projet, doté d’un budget total de 1,26 million d’euros, en vue du renforcement des capacités des organisations de consommateurs à tester les produits et à repérer les pratiques potentiellement trompeuses. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 6 novembre 2019.

ne deuxième phase de l’étude du CCR comportera dans les prochains mois des tests sensoriels de produits sélectionnés.

 

(2) Allemagne, Bulgarie, Chypre, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, France, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pays-Bas, Pologne, Slovaquie, Slovénie et Tchéquie.