Abonné

Soja La dynamique de production confortée par une bonne récolte en vue

- - 3 min

La filière du soja met en avant ses perspectives de développement, confortées par une bonne récolte en vue. Grâce à de meilleurs prix, une demande d'approvisionnement local, non OGM, un encouragement politique, les surfaces sont attendues en hausse.

« La campagne s'annonce prometteuse », a estimé Pierre Jouffret, du Cetiom (Centre technique des oléagineux), lors d'une conférence de presse le 18 septembre organisée par Sojaxa, association des fabricants d'aliments. D'après lui, les rendements atteindraient 2,8 à 3 t/ha en irrigué. Les estimations d'Agreste se situent dans le bas de la fourchette, avec une production estimée à 212 000 tonnes (+92 % sur an). « Vu les bons rendements attendus et le plan de production de semences en forte hausse, les surfaces vont encore progresser en 2015 », a-t-il lancé. 75 000 hectares de soja sont cultivés en 2014, à comparer aux 43 000 hectares en 2013. « La filière vise 150 000 à 200 000 hectares en 2020, a souligné Françoise Labalette, de l'Onidol (interprofession). Tous les voyants sont au vert », avec notamment une réglementation jugée favorable, un marché porteur. Le débouché en alimentation humaine en est un. Il absorbe plus de 40 % de la production, selon les données de 2012. « Notre marché affiche une croissance à deux chiffres depuis une dizaine d'années », a signalé Olivier Clanchin, président de Sojaxa, qui représente une activité de quelque 400 millions d'euros. « Son potentiel de développement en France est significatif », a-t-il ajouté, en précisant que 90 % des graines utilisées par ses entreprises adhérentes sont d'origine française.

Regain d'intérêt

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

« Le soja connaît un regain d'intérêt, motivé notamment par un marché dynamique pour les sources de protéines végétales, une forte demande en non-OGM et une valorisation des approvisionnements locaux », a noté Françoise Labalette. En plus d'un prix incitatif, les agriculteurs bénéficient d'un encouragement à travers la nouvelle Pac. D'où leur intérêt croissant à l'égard de cette production. « Ça repart en termes de formation pour cultiver le soja, a noté Pierre Jouffret. On sent aussi que les coopératives et négoces commencent à s'engager. »

Les atouts environnementaux du soja ne manquent pas. D'abord, sa capacité à fixer l'azote. « L'insertion d'un soja, une année sur trois, dans une monoculture de maïs permet de réduire les apports moyens annuels en azote de 40 % et donc de diminuer fortement les émissions de gaz à effet de serre », a-t-il détaillé. Ses besoins en eau d'irrigation sont limités : le soja consomme 30 à 50 mm de moins que le maïs. De plus, très peu d'interventions phytosanitaires sont nécessaires.