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Sécurité alimentaire La faim dans le monde en baisse, mais les objectifs ne seront pas atteints

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Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde continue de diminuer année après année mais à un rythme insuffisant pour atteindre les objectifs du millénaire. Certaines régions restent particulièrement touchées comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud malgré des améliorations.

Sur la période 2011-2013, 842 millions de personnes dans le monde souffraient de la faim, soit près d’une personne sur huit (12%), contre 868 millions de personnes dans cette situation en 2010-2012, selon le rapport de la FAO publié le 1er octobre sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde. Depuis 1990-1992, le nombre total de personnes sous-alimentées a baissé de 17%. Pour autant, l’objectif fixé lors du Sommet mondial de l’alimentation de 1996 de réduction de moitié du nombre de personne souffrant de la faim d’ici 2015 semble hors de portée, notamment dans les pays en développement où le rythme des progrès accomplis est insuffisant. Car « si globalement la situation s’est améliorée, des écarts importants persistent entre les régions », constate la FAO dans son rapport annuel.
 
Des situations contrastées
La grande majorité des personnes souffrant de la faim, soit 827 millions d’individus, vivent dans des pays en développement, où la prévalence de la sous-alimentation est aujourd’hui estimée à 14,3% de la population. Au total, près de 60% des personnes sous-alimentées se trouvent toujours en Asie du Sud (295 millions) et en Afrique sub-saharienne (223 millions). L’Afrique subsaharienne est la région où la sous-alimentation reste la plus élevée en proportion (plus d’une personne sur cinq), avec cependant quelques progrès ces dernières années (en 20 ans la population sous-alimentée est passée de 32,7% à 24,8%). L’Asie de l’Ouest ne présente aucun progrès, l’Asie du sud et l’Afrique du Nord enregistrent, elles, une faible amélioration de leur situation. Par contre, en Asie du Sud-Est, la prévalence de la sous-alimentation a baissé en vingt ans de 31% à 10,7%.
 
Productivité et protection sociale
« Il est possible de réduire la faim même en situation de pauvreté généralisée grâce à des politiques visant à augmenter la productivité agricole et les disponibilités alimentaires, notamment des politiques qui ciblent les petits exploitants », appelle la FAO qui insiste également sur les dispositifs de protection sociale propres à augmenter le revenu dont disposent les familles pauvres pour acheter à manger.
Le rapport souligne enfin que les envois de fonds effectués par les migrants, dont le montant au niveau mondial est devenu trois fois plus élevé que l’aide publique au développement, ont un impact important en contribuant à faire reculer la pauvreté, et donc la sous-alimentation.

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