Avec l’acquisition de Ponzi Vineyards en Oregon, le groupe SJB, holding de la famille Bollinger, met un pied pour la première fois en tant qu’opérateur aux États-Unis. Le but de cette opération, dont le montant n’est pas dévoilé, vise à se déployer sur un marché en croissance.
La famille Bollinger, propriétaire du champagne du même nom et de quatre autres domaines en France (1) a annoncé le 7 avril l’acquisition du domaine Ponzi aux États-Unis. « Nous avions le projet d’ancrer notre groupe aux États-Unis depuis trois ou quatre ans, en devenant un vrai opérateur sur ce marché qui offre une belle croissance pour les vins de Champagne, les vins de Bourgogne et de Sancerre et le cognac, explique Etienne Bizot, président-directeur général du groupe SJB, holding de la famille Bollinger. « Et nous avons jeté notre dévolu sur l’Oregon qui est une région plus tempérée que la Californie, pas loin des latitudes du champagne et sur le domaine Ponzi en particulier, qui est un des pionniers dans les années soixante-dix de la production de pinot noir, et qui entre dans notre savoir-faire. »
Concrètement, SJB reprend 14 hectares de vignes situées à Laurelwood à proximité de Portland ainsi que les infrastructures viticoles et d’œnotourisme. La famille Ponzi reste propriétaire d’un vignoble de 40 hectares « mais avec un contrat d’approvisionnement à long terme, c’est-à-dire que nous gardons le raisin », souligne Etienne Bizot. La winerie Ponzi produit actuellement 40 000 caisses (de 9 litres). Des deux sœurs Ponzi, Luisa restera à la direction des Vignobles et Winemaker de Ponzi Vineyards, tandis qu’Anna Maria Ponzi, avant de se retirer, assurera la transition entre les deux familles, avant l’arrivée d’un nouveau CEO. « La distribution restera sous la responsabilité de la société Vintus, déjà importateur exclusif aux États-Unis des Maisons Bollinger, Ayala, Chanson et Langlois-Château », est-il précisé dans le communiqué.
Une précédente aventure en Australie
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« C’est la première fois que la SJB devient propriétaire d’un domaine viticole aux États-Unis », confirme Etienne Bizot. Mais ça n’est pas la première aventure du groupe à l’étranger. En 1985, SJB avait pris une participation dans le domaine Petaluma, créé par Brian Croser. Mais l’entreprise, après être allée chercher des fonds sur le marché boursier, a fait l’objet d’une OPA lancée par le brasseur australien Lion Nathan en 2001. La Famille Bollinger, associée à la famille Cazes (Château Lynch Bages à Pauillac, Bordeaux), avait alors suivi Brian Croser lors de la création de Tapanappa Wines, toujours en Australie, avant de revendre toutes ses parts en 2014 à la famille du fondateur.
Actuellement, SJB réalise entre 7 et 8 % de son chiffre d’affaires – dont le montant n’est pas communiqué – outre-Atlantique. « Notre objectif est clairement de grandir aux États-Unis », poursuit Etienne Bizot. Et d’ajouter que « cet investissement réalisé dans la période de crise actuelle est clairement un signe pour les salariés et le marché, de la confiance que nous avons dans le développement des vins premium ».
groupe Bollinger, entre les mains de la famille fondatrice depuis 1829, détient deux marques de champagnes, Bollinger et Ayala (repris en 2005), le Domaine Chanson (Bourgogne, repris en 1999), le Domaine Langlois-Château (Val-de-Loire, repris en 1973) et la maison de cognac Delamain (majorité acquise en 2017).