Abonné
Michel de Rovira et Augustin Paluel-Marmont cèdent le contrôle de leur marque premium à Artemis, le holding familial de la famille Pinault. Avec cette opération, qui pourrait signer la naissance d’une marque de PGC made in France (et donc sortir du seul secteur agroalimentaire), Artemis investit sur un potentiel de développement plus que sur des résultats.
Artemis, le holding familial de la famille Pinault, débourse 8 M EUR pour passer de près de 25 % à 70 % du capital de Michel et Augustin. Parallèlement, les conditions d’une augmentation de capital de 12,5 M EUR, qui devrait être souscrite par Artemis, sont mises en place. Cette opération aura été bouclée en deux étapes, avec la reprise, l’an passé, des parts de Serendipity (Bouygues et Pinault), et cette année, la prise de contrôle, avec le rachat des parts des actionnaires minoritaires (au nombre d’une quarantaine). Les deux créateurs de l’entreprise, Augustin Paluel-Marmont et Michel de Rovira, restent au capital à hauteur de 30 %. Depuis la création de la marque fin 2004, la société Michel et Augustin a procédé à des augmentations de capital à cinq reprises. Augustin Paluel-Marmont annonce 18 M EUR de chiffre d’affaires pour 2012, en progression de 30 %, et assure que l’entreprise est à l’équilibre depuis deux ans. À horizon cinq ans, Michel et Augustin vise un chiffre d’affaires de 100 M EUR, dont 20 % à l’export. Avec cette opération, Artemis investit donc dans une start-up de l’agroalimentaire.
La marque, connue pour son ton décalé, propose des produits laitiers et des biscuits (salés et sucrés) en GMS (70 % des ventes) et en RHF. Elle se positionne comme une marque urbaine premium et cible, outre la région parisienne, les dix principales villes françaises. Dans les cartons, des projets d’ouverture de « Bananeraie » dans certaines de ces villes, pour être en lien direct avec les consommateurs.
Quel périmètre de marque ?
Michel et Augustin fait également ses premiers pas à l’export (qui atteindrait 10 % des ventes). Déjà présente dans plusieurs pays, la marque a récemment signé un accord de commercialisation avec la chaîne de distribution basée à Hong Kong, City’ Super.
Pour développer l’activité, l’entreprise veut étoffer ses équipes et passer de 55 à plus de 70 personnes. La fabrication est intégralement sous-traitée. « Les entreprises françaises savent produire mais pas vendre. Nous apportons notre savoir-faire marketing pour développer la marque », explique Augustin Paluel-Marmont.
Au vu de la valorisation de l’entreprise par Artemis, les actionnaires sortants ont dû faire une belle opération, malgré une exploitation déficitaire pendant plus de cinq ans et tout juste bénéficiaire depuis deux ans. « Nous avons trouvé avec la famille Pinault un actionnaire de long terme, qui a une véritable expérience des marques et de l’export », note le dirigeant. Michel et Augustin n’envisage pas d’ouvrir de nouveaux segments de produits dans l’immédiat, préférant consolider les segments existants. L’histoire ne dit pas encore si le prochain marché attaqué par la marque sera agroalimentaire ou pas. À la question de savoir si Michel et Augustin pourrait un jour sigler des produits de grande consommation non alimentaire, la réponse d’Augustin Paluel-Marmont est « oui ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre