Abonné

Conférence internationale La FAO demande un « effort collectif » pour éviter la malnutrition

- - 3 min

Les dirigeants de 190 pays se sont réunis à Rome pendant trois jours pour discuter de la malnutrition dans le monde. Le système alimentaire mondial a été remis en cause et l'obésité pointée du doigt.

La sous-alimentation, les carences alimentaires et l'obésité ont été au cœur des discussions de la deuxième Conférence sur la nutrition qui s'est déroulée du 19 au 21 novembre à Rome (1). Pour montrer leur bonne volonté, près de 190 pays ont adopté la « déclaration de Rome » sur la nutrition et un « cadre d'action » contenant 60 recommandations pour lutter contre ces maux. « L'amélioration de la nutrition exige un effort collectif », avait déclaré la veille José Graziano da Silva, directeur général de l'Organisation de l'ONU pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO). « Il faut des lois bien conçues pour améliorer les systèmes alimentaires, garantir des régimes alimentaires sains et fournir des repas scolaires plus riches. Il faut aussi des budgets publics adéquats et des cadres juridiques solides pour consolider les progrès et continuer à aller de l'avant », a-il-ajouté.

L'obésité en ligne de mire

Pour Margaret Chan, directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), « une partie de notre monde déséquilibré meurt encore de faim. Et une autre partie se gave jusqu'à l'obésité à tel point que l'espérance de vie recule à nouveau (…) Le système alimentaire mondial ne fonctionne plus, à cause de sa dépendance à une production industrialisée de nourriture toujours moins chère et mauvaise pour la santé », a-t-elle lancé en ouverture de la Conférence.

A ce jour, 500 millions d'adultes et 42 millions d'enfants en surpoids ont été comptabilisés dans le monde. Pour John Connelly, représentant de l'industrie de la pêche présent à la conférence sur la nutrition, l'obésité n'est pas due seulement à la production alimentaire, surtout dans les pays développés où l'activité physique a quasiment disparu. Le Pape François était également présent à la conférence : il a exhorté les hommes politiques du monde entier à considérer l'alimentation, la nutrition et l'environnement comme « des enjeux publics mondiaux à une époque où les nations sont plus que jamais auparavant étroitement dépendantes les unes des autres. » « Lorsque la solidarité fait défaut dans un pays, cela se fait sentir partout dans le monde », a-t-il commenté. Pour lui, une alimentation saine est une question de dignité et non de charité.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

(1) Voir n°3467 du 20/10/14

Ce qui a été adopté à la conférence sur la nutrition

– La Déclaration de Rome sur la nutrition consacre le droit de chaque personne à l'accès à des aliments sûrs, nutritifs et en quantité suffisante.

Elle engage les gouvernements à prévenir la malnutrition sous toutes ses formes, notamment la faim, les carences en micronutriments et l'obésité.

– Le Cadre d'action reconnaît que les gouvernements ont le rôle principal et la responsabilité primordiale de s'occuper des questions et défis liés à la nutrition dans le cadre d'un dialogue avec plusieurs parties prenantes, notamment la société civile, le secteur privé et les communautés touchées par la malnutrition. Le cadre d'action recommande 60 mesures que les gouvernements sont invités à intégrer dans leurs programmes de nutrition, de santé, d'agriculture et d'éducation ainsi que dans leurs plans de développement et d'investissement. Ils sont également invités à favoriser, lorsqu'ils négocient des accords internationaux, une meilleure nutrition pour tous. - (Définition de la FAO)