Dans leur dernier rapport sur les perspectives agricoles mondiales pour 2008-2017, la FAO et l’OCDE envisagent un retour des prix mondiaux à des niveaux plus bas qu’aujourd’hui. Ils resteront cependant plus élevés que ces dix dernières années.
«Nous ne nous attendons pas à ce que les niveaux des prix actuels se maintiennent », a annoncé Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), le 29 mai. Il intervenait dans le cadre de la conférence de presse de présentation des « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2008-2017 » qui s’est déroulée à Paris. Ce rapport annuel se veut plus clair et plus détaillé que la version de 2007. « Nous avons une meilleure compréhension des mécanismes à l’œuvre », a indiqué Loek Boonekamp, économiste en charge de la publication. Le rapport fait cette fois-ci le tri entre les facteurs d’évolution à court terme et à long terme. A court terme, l’offre et la demande vont se réajuster. « Nous considérons que les récentes baisses de rendements dues au climat sont temporaires », a expliqué Angel Gurria. Le retour à des conditions d’offre plus normale devrait calmer le marché. Mais les prix ne vont pas s’effondrer pour autant. « La moyenne de la plupart des prix des commodités agricoles sur les dix années à venir dépassera encore de 10 à 50 % en termes réels la moyenne obtenue ces dix dernières années », a indiqué le secrétaire général de l’OCDE. La hausse serait de 20 % pour les viandes bovines et porcines, 30 % pour le sucre, 40 à 60 % en blé, maïs et lait écrémé en poudre, plus de 60 % pour le beurre et les graines oléagineuses, 80 % pour les huiles végétales.
Des stocks mondiaux qui resteront bas
L’alimentation animale et humaine, portée par une augmentation de la consommation en protéines animales, l’urbanisation, la progression de la population, devrait continuer de rester le « principal moteur de croissance en agriculture », dit le rapport. Viendra s’y ajouter le développement de la production de biocarburants. Pour l’OCDE et la FAO, les stocks mondiaux devraient rester bas. « De nombreux pays ont décidé de renoncer au stockage public », a notamment expliqué Loek Boonekamp. Une situation qui devrait renforcer la volatilité des marchés.
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Dans ce contexte où les prix devraient rester à des niveaux élevés à court terme voire à moyen terme, la FAO et l’OCDE estiment nécessaire de renforcer rapidement l’aide alimentaire pour soutenir les populations disposant de faibles revenus et victimes de la faim. A moyen terme, les organisations jugent qu’il faudra améliorer leur pouvoir d’achat. « La fin de la nourriture bon marché dans un monde où la moitié de la population vit avec moins de deux dollars par jour est une source de grande inquiétude », a précisé Angel Gurria.