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Bioénergies La FAO lance une plate-forme internationale

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La FAO a présenté officiellement le 9 mai au siège des Nations unies à New York une plate-forme internationale sur les bioénergies qui fournira expertise et conseils aux gouvernements et aux opérateurs privés pour mettre sur pied des politiques et stratégies dans ce domaine. « Le but est de cultiver suffisamment aussi bien pour le carburant que pour la nourriture et d’être sûr que tout le monde en profite », explique Alexander Müller, sous-directeur général de la FAO chargé du développement durable.

« Le mouvement graduel d’abandon du pétrole a commencé. Au cours des 15 à 20 prochaines années, les biocarburants pourraient fournir au moins 25 % des besoins d’énergie dans le monde », estime M. Müller. Selon le haut fonctionnaire de la FAO, « le pétrole à plus de 70 dollars le baril rend la bioénergie potentiellement plus compétitive ».

Cette vision est partagée par un nombre croissant d’investisseurs, par exemple par Bill Gates qui a récemment investi 84 millions de dollars dans une firme américaine d’éthanol. Autres nouveaux acteurs : une société française plus connue pour la fabrication du foie gras, et la Hongrie qui prévoit, dans les prochaines années, de convertir un million d’hectares en cultures pour la production du biocarburant.

Moitié moins cher qu’un baril de pétrole au Brésil

Au Brésil, le plus gros producteur de bioéthanol, un million de voitures roulent au carburant issu de la canne à sucre et la plupart des nouvelles voitures en circulation sont équipées de moteurs hybrides de type flex-fuel. Introduits il y a trois ans, ceux-ci fonctionnent aussi bien au pétrole qu’au bioéthanol, ou n’importe quel mélange des deux.

Selon les responsables de l’industrie automobile, les moteurs flex se répandent plus rapidement que toutes les précédentes innovations du secteur. La raison en est simple : au Brésil, toujours, un baril de bioéthanol coûte moitié moins cher qu’un baril de pétrole.

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Eviter la mainmise de quelques géants de l’agri-énergie

La FAO est toutefois préoccupée par l’impact que le développement des bioénergies pourrait avoir sur les petits agriculteurs dans de nombreux pays et par les implications pour la sécurité alimentaire et le développement rural.

« Les agriculteurs, particulièrement dans les zones tropicales, cherchent de nouvelles occasions pour augmenter leur production et leurs revenus », observe Gustavo Best, expert de la FAO. « Mais la prudence s’impose et il convient de bien planifier», prévient-il. « La concurrence pour les terres destinées à la production alimentaire et celles qui seront consacrées à la production d’énergie doit se traduire en bénéfices communs ».

Le risque, par exemple, serait, selon la FAO, qu’une large promotion de la bioénergie, associée à des monocultures intensives de rente, entraîne une domination du secteur par quelques géants de l’agri-énergie, sans aucun gain significatif pour les petits agriculteurs.