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La Ferme Intégrale veut déployer sa solution aquaponique dans les territoires

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Vue d'ensemble de l'agrandissement de la ferme sur 6600m2 de production. Crédits : © La Ferme Intègrale

La Ferme Intégrale a bouclé une levée de fonds de 2,4 millions d’euros pour financer l'agrandissement de son site et ainsi multiplier sa capacité de production par dix. En parallèle, les dirigeants ont entamé des démarches pour dupliquer leur solution de ferme en aquaponie sur l’ensemble du territoire.

Apporter une réponse à la fois environnementale, locale et durable, pour nourrir un territoire, c’est la solution que propose la Ferme Intégrale. Fondée en 2019, par Gabriel Faysse, Lauranne Galliard, Marion Garnier et Manuel Perez, la start-up a mis au point des fermes aquaponiques à grande échelle clé en main qu’elle compte aujourd’hui déployer plus largement. Après un an d’exploitation du pilote commercial sur son site de la Baume d’Hostun dans la Drôme, la Ferme Intégrale a réalisé fin juin 2023 une levée de fonds de 2,4 millions d’euros en amorçage (dont une partie en dette), pour agrandir son outil de production. Ce financement a été réalisé auprès de la Banque des Territoires à travers le programme Territoires d’innovation de France 2030, le fonds Casra Capital, Lita.co, un investisseur professionnel et un groupe de business angels. Les fondateurs sont toujours majoritaires au capital.

Dès 2024, ce nouveau site permettra à la Ferme Intégrale de multiplier sa capacité de production par dix à 6 600 m², pour atteindre 40 tonnes de sandres à l’année et entre 60 et 80 tonnes de légumes à feuilles et d’aromatiques. « Au total 16 serres hydroponiques et une pisciculture de 500 m 2 seront montées en 6 mois, ce qui fera de la Ferme Intégrale un des pionniers sur ce nouveau système de production en France », précise encore l’entreprise. L’équipe, actuellement de 9 personnes devrait atteindre 13 permanents au début de l’année prochaine.

Au démarrage du projet, le choix des fondateurs s’est porté sur l’aquaponie qui règle « les problématiques liées à l’eau avec la création d’une boucle vertueuse, mais également celles des effluents qui sont utilisés en horticulture, souligne Manuel Perez, chef d’exploitation. Restait ensuite à choisir les plantes et une espèce de poissons d’eau chaude, ce qui diffère des autres projets. Il est moins couteux et moins énergivore de chauffer de l’eau que de la refroidir. Nous élevons du sandre, un poisson qui a une très bonne capacité de pénétration sur le marché et qui arrive à supporter une amplitude de température de l’eau importante ».

Dupliquer le modèle sur le territoire

Aujourd’hui, la Ferme Intégrale achète ses alevins à une écloserie dans les Ardennes, et cherche à sécuriser cette filière française. De 10 grammes à l’arrivée, un sandre atteint 1 kilo au bout de 9 mois, date à laquelle il peut être vendu. Cette année, la production de 1,5 tonne de poissons s’est écoulée localement entre la restauration, les ventes à la ferme, les marchés … Dès 2024, la société devra gérer la logistique commerciale en s’appuyant sur des industriels et des grossistes.

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Si la société n’utilise ni antibiotiques dans ses élevages, ni pesticides, ni intrants extérieur dans ses cultures, elle ne s’interdit pas en revanche d’utiliser ses propres ressources. Ainsi, par exemple, « les boues piscicoles sont chargées en potassium principalement et en phosphore. L’utilisation de lombrics permettrait de valoriser ces boues pour corriger certaines carences de nos plantations, explique Manuel Perez. Et en plus de la lombrifiltration, la mise en place d'un lombricomposteur permettrait de retraiter efficacement les déchets organiques des cultures horticoles, et de générer un compost valorisable ».

En plus de l’accroissement de la production, les fondateurs de la Ferme Intégrale ont démarré les démarches pour dupliquer leur solution de ferme en aquaponie sur l’ensemble du territoire. Un projet qui nécessite de trouver « un emplacement plutôt péri-urbain, idéalement une friche industrielle à réhabiliter, avec un accès à l’eau permanent, une bonne exposition au soleil, sans oublier l’accès logistique », énumère Manuel Perez. L’idée serait de monter un premier dossier clé en main en 2024 ».