FUL, la première ferme urbaine, devrait bientôt voir le jour à Lyon. Le site pilote sera installé dans l'agglomération au premier trimestre 2015, avant d'attaquer la construction du démonstrateur sur 3 000 m2 . La première récolte de salades est prévue pour 2016. À terme, les dirigeants réfléchissent à la commercialisation de fermes urbaines clés en main
NOURRIR une population qui ne cesse de croître avec des ressources toujours mieux maîtrisées. Un enjeu mondial auquel trois professionnels lyonnais comptent participer. Philippe Audubert, historien, mais aussi fondateur et dirigeant de l'agence d'architecture et d'urbanisme Notus à Lyon, Christophe Lachambre, cadre financier, et Didier Gaydou, architecte et codirigeant de Notus, ont imaginé une ferme urbaine installée en plein cœur de la cité pour produire, dans un premier temps, des salades. « Les fermes urbaines sont une vraie tendance à l'international, note Philippe Audubert, président de la SAS FUL. La France est très en retard dans les procédés ». Il compte faire rattraper son retard au pays en implantant la première ferme urbaine à Lyon. Modèle non brevetable, il fait appel à un assemblage de différentes technologies. La mise en place du procédé s'est faite en collaboration avec l'école d'ingénieurs Insa de Lyon. La technique choisie est l'hydroponie. Elle consiste à cultiver des plantes sur un substrat neutre et inerte (sable, pouzzolane, billes d'argile, laine de roche…) irrigué avec une solution liquide qui apporte sels minéraux et nutriments. Cette technique permet de tendre vers un taux zéro de nitrates et de pesticides. Elaboré en circuit fermé, ce mode de culture contribue à une meilleure gestion de l'eau avec des rejets évités. La production verticale se présente sous forme d'un empilement de grandes nappes de tapis roulants sur plusieurs niveaux. La ferme peut ainsi pousser sur des toits d'immeubles.
UN SITE PILOTEAprès les études menées avec les laboratoires de l'Insa de Lyon, les dirigeants entendent maintenant passer à la phase une : « Nous devons faire la démonstration que le procédé fonctionne, avance Philippe Audubert. Un site pilote de 120 m2 sera installé dans l'agglomération lyonnaise au premier trimestre 2015. L'objectif est de cultiver des salades pour montrer à nos investisseurs potentiels que nous maîtrisons la technologie. Une fois le modèle éprouvé, ce site deviendra notre laboratoire de R&D pour travailler sur la culture d'autres plantes. » Une première levée de fonds devrait venir appuyer le financement de cette étape. La phase deux consiste en la création d'un démonstrateur. Il sera cette fois de 1 000 m2 au sol sur trois niveaux, soit 3 000 m2. « À taille réelle, il doit valider le business modèle ». L'objectif est de déposer le permis de construire de ce démonstrateur à l'été 2015. Plusieurs sites sont à l'étude à Lyon. Les premières salades devraient voir le jour début 2016, pour une production annuelle voisine de 600 000.
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Si l'objectif premier est de produire des salades et autres plantes pour les vendre, les trois dirigeants planchent aussi sur un modèle de fermes à commercialiser clés en main. Sa construction s'appuie sur une architecture simple, légère, flexible, qui peut être dupliquée et respecte les principes HQE. Le modèle économique repose ainsi sur deux piliers : l'exploitation des fermes pour la production et la vente de plantes à vocation agroalimentaire, mais aussi pour les huiles essentielles ou la pharmacopée et la vente de fermes clés en main pour des « fermiers urbains ». La SAS devrait ainsi migrer vers une holding à plusieurs têtes : un département conception/design, un département exploitation/production agricole et un département prestations de services. Elle intégrera un consortium de partenaires qui ont contribué à la mise en place du projet.
Les premières études ont été financées sur fonds propres et avec le concours des partenaires, pour un montant que les dirigeants tiennent confidentiel. FUL cherche aujourd'hui à lever des fonds pour la création du site pilote dans un premier temps, puis pour la création du démonstrateur dans un second temps. « Le budget est en cours, affirme Philippe Audubert. Notre premier chiffre d'affaires est attendu pour l'année 2016, lorsque nous produirons nos premières salades. » FUL vise le marché français, mais aussi international, certains pays étant ouverts à ce type de culture nouvelle génération.