Abonné

La FGA-CFDT dubitative sur l’effet de la « prime Macron »

- - 5 min

Le syndicat juge que la mise en place de la prime Macron a eu un effet négatif sur les négociations salariales collectives en agriculture et agroalimentaire.

À l’issue des élections aux chambres d’agriculture 2019, dont les résultats définitifs ont été communiqués mardi 19 février, la CFDT s’estime « confortée dans sa première place en agriculture » chez les salariés, a déclaré Franck Tivierge, secrétaire national en charge de l'agriculture à la FGA-CFDT dans une conférence de presse le 18 février. Le syndicat considère qu’en faisant le cumul des deux collèges de salariés, ceux de la production agricole (3A) et ceux des services agricoles (3B) le syndicat arrive en tête, souffrant moins que son rival, la FNAF-CGT, de la baisse de participation. Dans le collège 3A, le syndicat arrive ainsi second avec 24,19 % des voix derrière la CGT (24,83 %), tandis que dans le collège 3B il est le premier avec 41,99 % des voix, devant la CFE-CGC (18,99 %). « Ce scrutin renforce notre légitimité auprès des pouvoirs publics », a insisté Franck Tivierge qui juge que globalement les syndicats de salariés réformistes « sortent vainqueur de ce scrutin ».

« Effet d’aubaine » des employeurs sur la prime Macron

Dans le contexte de la crise des Gilets jaunes, symbole selon lui que le problème du pouvoir d’achat a atteint « un niveau paroxystique » en 2018, le syndicat est également revenu sur les négociations annuelles obligatoires concernant les salaires. « La dynamique d’augmentation des salaires reste très moyenne », a-t-il ainsi estimé, et cela « malgré les allégements de cotisations sociales successifs » pour les employeurs. Surtout, l’organisation fait le constat d’un effet plutôt négatif de la « prime Macron », annoncée par le chef de l’État le 10 décembre dernier. « Les salariés étaient très demandeurs de cette prime. Mais on constate un effet délétère, explique Eric Pommageot, secrétaire national de la FGA-CFDT. Il y a eu une forte déception dans les entreprises où elle n’a pas été versée, et là où elle a été versée nous avons des négociations collectives très négatives ». Pour lui, les employeurs réalisent « un effet d’aubaine » en versant une prime par nature non pérenne, au dépend d’une augmentation de salaire. L’exemple le plus révélateur est celui du Crédit agricole où « des primes de 500 à 1 000 € » ont été accordées, mais « une augmentation de salaires de 0,3 % », selon Eric Pommageot.

Autre sujet d’actualité, celui de la prochaine réforme des retraites. Si ce dernier fait partie du champ de compétence de sa centrale, la FGA-CFDT porte certaines propositions spécifiques. Elle ainsi indiqué que la création d’une « retraite supplémentaire par capitalisation pour les salariés non-cadre de la production agricole » est en discussion, a expliqué Eric Pommageot. Un tel dispositif existe déjà pour les cadres, soit 23 000 personnes sur les 316 000 que compte la branche production agricole. « Nous avons obtenu un accord de principe pour ouvrir le sujet » avec les autres partenaires sociaux, a précisé Franck Tivierge. Le groupe de protection sociale Agrica aurait déjà présenté au mois de décembre dernier la forme que pourrait prendre le dispositif. « Les négociations reprendront au printemps », a ajouté Franck Tivierge, expliquant que le syndicat « veut aller au bout » de ce sujet.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

élections
Suivi
Suivre

« La dynamique d’augmentation des salaires reste très moyenne »

Restructuration des branches : « processus de convergence » en coopération agricole

Le syndicat a également évoqué la restructuration des conventions collectives de branches instaurée par les ordonnances de la loi travail. Cette dernière prévoit notamment une obligation pour les branches de moins de 5 000 salariés de se restructurer afin de gagner en représentativité. Un défi en production agricole où il existait jusqu’à maintenant plus de 160 conventions collectives différentes, certaines territoriales. « Le but du processus de négociation en cours est d’arriver à moins de 10 » notamment en mettent en place des conventions collectives nationales, rappelle Eric Pomageot. Le tout d’ici l’été 2019. En coopération agricole, « un processus de convergence » est entamé pour la création d’une convention collective de 68 300 salariés rassemblant les bétails et les viandes, les céréales, les conserves, les fruits, le lin, la luzerne déshydratée, les coopératives vinicoles et les distilleries viticoles ». Les coopératives de la production laitière et les coopératives fruitières fromagères rejoindraient, elles, la convention collective de l’industrie laitière.