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Charcuterie La Fict demande la réouverture des négociations commerciales

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Le syndicat professionnel tire la sonnette d’alarme car la rentabilité opérationnelle des entreprises du secteur est particulièrement altérée. Son président Robert Volut dénonce aussi le choix « politique » du Nutri-Score par Marisol Touraine et rappelle sa préférence pour un système d’étiquetage européen.

Un mois après la clôture des négociations commerciales entre les industriels et les distributeurs, la Fédération française de la charcuterie, du traiteur et de la transformation de la viande (Fict) a réclamé le 30 mars la réouverture des discussions. « Nous demandons aux dirigeants des grandes enseignes de rouvrir les négociations », a déclaré Robert Volut, président de la Fict. Pour étayer sa demande, il s’appuie sur la loi de modernisation économique qui est « mal respectée » et sur la clause de renégociation pour les produits à base de viande prévue dans la loi mais non appliquée dans les faits.

Cette demande fait suite au constat de négociations commerciales « révoltantes » dont le résultat est « alarmant ». En cause : « La forte augmentation du cours des pièces de porc, principales matières premières des charcuteries françaises », souligne le syndicat, qui a constaté des prix qui explosent depuis le printemps 2016, à l’image de la gorge qui a augmenté de 51 % ou de la poitrine qui se négocie 30 % plus cher. Or, les acheteurs ne prennent pas en compte cette hausse alors que la matière première représente 50 % du chiffre d’affaires des charcutiers. « Nos adhérents sont parvenus à faire passer des hausses comprises en moyenne entre 0 et 1 %, ce qui est complètement insuffisant », souligne Robert Volut. Pourtant, le rayon de la charcuterie est le plus rentable des grandes surfaces. « Si l’on voulait anéantir l’industrie de la charcuterie française, on ne s’y prendrait pas autrement », en conclut le patron de la Fict.

Opposé à des dispositifs d’étiquetage nationaux

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Au sujet de l’étiquetage alimentaire facultatif Nutri-Score, pour lequel la ministre de la Santé prévoit de prendre un arrêté courant avril, Robert Volut estime qu’il est « urgent d’attendre » avant de le déployer, même si certains industriels comme Fleury Michon ou Agromousquetaires ont fait part de leur intention de le mettre sur leurs emballages (Agra Alimentation du 23 mars 2017). Le syndicat est avant tout attaché « à un système valable dans toute l’Europe et non à des dispositifs nationaux », estime Robert Volut. Le syndicat est favorable au principe d’informer les consommateurs mais préfère les systèmes analytiques comme le Nutri-Repères, avec des indications par portions, qu’il avait retenu. Et souligne aussi qu’il faut renforcer l’activité physique dès lors qu’on se préoccupe de la santé des Français et faire plus de pédagogie en matière d’alimentation. Le président de la Fict dénonce un « choix politique » basé sur « l’idéologie » plutôt que le pragmatisme et rappelle que la décision française doit de toute façon être notifiée à Bruxelles.

12 propositions aux candidats à la présidentielle

Pour appuyer ses demandes, la Fict a saisi l’occasion de la campagne pour la présidentielle pour regrouper ses revendications dans un document unique diffusé le 4 avril. Douze propositions sont ainsi mises en avant : outre les points déjà évoqués précédemment comme les relations entre grandes centrales d’achat et fournisseurs et l’information des consommateurs, le syndicat demande de faciliter la coopération à l’intérieur de la filière viande, d’encourager l’export, de créer un environnement favorable à l’emploi et au développement des compétences, d’améliorer l’accès au financement des PME et ETI et de maintenir le crédit d’impôt recherche et l’élargir à la mise en œuvre de la transition numérique.