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Production porcine La FICT et le CNCT lancent la marque « Savoir-faire charcutier français »

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La Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viandes (Fict) et la Confédération nationale des charcutiers traiteurs (CNCT) ont inauguré, le 26 mai, une nouvelle marque « Savoir-faire charcutier français ». Lors du lancement, Robert Volut, président de la Fict, a rappelé l’importance de renégocier les prix avec la grande distribution, du fait du contexte haussier des matières premières et de la sécheresse.

«Savoir-faire charcutier français » : tel est le nom de la marque que la Confédération nationale des charcutiers traiteurs (CNCT) et la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs et transformateurs de viandes (Fict), au travers de l’association A-CDU-SCCV, ont inauguré le 26 mai. Leur but : « Valoriser la spécificité des fabrications françaises et ainsi répondre aux exigences sans cesse croissantes des consommateurs », note un communiqué de presse commun des deux organisations, daté du 26 mai. Avec cette marque, peu importe l’origine de la viande puisque seul le savoir-faire est reconnu. Un constat également mis en avant par le Syndicat des industriels de la viande (SNIV-SNCP) dans sa lettre d’actualité du 25 mai. « Alors que VPF [label Viande de porc française, garantissant l’origine France du produit, ndlr] vise à valoriser les viandes porcines d’origine française, le SNIV-SNCP relève que cette marque permettra de mettre en avant la France pour valoriser des charcuteries-salaisons fabriquées à partir de viandes importées. Mais cette allégation ne dispense pas de l’indication de l’origine de la matière première telle qu’elle est prévue dans l’accord interprofessionnel du 15 décembre 2010. » La Fict avait bloqué durant plusieurs semaines les négociations de cet accord interprofessionnel. Face à toutes ces marques sur les étiquettes, le consommateur s’y retrouvera-t-il entre un « Savoir faire charcutier français » accompagné d’une « Origine : Espagne »…

Une hausse des prix d’achat indispensable par la distribution
Par ailleurs, face à l’envolée des cours de l’énergie et des matières premières agricoles, qui devrait perdurer avec la sécheresse, la filière charcuterie exige des hausses de prix de la part de la grande distribution. Les entreprises du secteur sont « dans une situation très délicate », avance Robert Volut, président de la Fict. « Si cela traînait trop longtemps, et c’est plutôt une question de semaines car de nombreux collègues sont en perte d’exploitation, cela mettrait en péril nos entreprises », déclare-t-il. Selon lui, la hausse des coûts de production est de « l’ordre de 9% depuis le début de l’année contre 2% à 3% en 2010 ». Il a dressé la liste des hausses intervenues, qualifiant certaines de « spectaculaires » comme pour la viande de dinde (+37% sur un an). Pour le porc, le prix de la viande a grimpé de 24% sur un an et de près de 17% depuis le 1er janvier, soit « des chiffres considérables », constate Robert Volut, sachant que le porc sert à fabriquer 85% de la production. En parallèle, le prix de l’énergie a augmenté de 13,5% depuis janvier.

Stabilité du chiffre d’affaires de la filière charcuterie en 2010
« Cette réalité n’est toujours pas prise en compte par les centrales d’achat des enseignes de la grande distribution alimentaire », regrette Robert Volut. Il considère que la filière n’a « quasiment rien obtenu » comme hausse de prix auprès de la distribution, lors des négociations annuelles de la fin février. Il souligne également que si les industriels avaient « baissé leurs prix de 0,4% l’an dernier (5,04€/kg), le prix moyen de vente au détail a, lui, augmenté de 0,7% à 9,41€/kg ». Il note tout de même que sans cette hausse de prix, « cela mettra en péril des entreprises et ensuite les abattoirs à qui elles achètent et à leur tour les élevages qui doivent faire face aussi à la menace de la sécheresse. » En 2010, la production de charcuterie est restée stable à 1,2 million de tonnes (+0,3%), de même pour le chiffre d’affaires de la filière à 6,1 milliards d’euros (-0,2%). « Mais la rentabilité nette est faible pour la profession. Elle se situe à 0,8% contre 1,1% l’an dernier », précise Robert Volut. Du côté des producteurs de porc, une grande partie ont vendu leur production à perte durant l’année 2010 et ce pour les mêmes raisons que celles revendiquées par Robert Volut. Actuellement, ils cherchent toujours la rentabilité de leur production.

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