Au 2 avril, la Hongrie et la Slovaquie déploraient sept cas de fièvre aphteuse, avec des milliers de bovins concernés et une extension géographique de 60 km. Un rapport pointe des failles dans la réponse des autorités slovaques.
On ne peut pas encore parler de flambée, mais la fièvre aphteuse continue son extension en Europe de l’Est. Un cinquième foyer de fièvre aphteuse a été détecté en Slovaquie le 30 mars, marquant une progression de 60 km vers le Nord-Ouest, indique la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) le 1er avril. Selon son bulletin hebdomadaire, la maladie a touché un élevage de 3 526 bovins situé à Plavecký Štvrtok, à environ 10 km de la frontière avec l’Autriche. « Cette exploitation pourrait être en lien épidémiologique avec le second foyer hongrois », avance la plateforme ESA, se basant sur des déclarations des autorités sanitaires locales dans les médias. Et de préciser que « la souche isolée en Slovaquie est identique à la souche […] isolée en Hongrie », elle-même proche de souches isolées au Pakistan en 2017-2018.
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De son côté, la Hongrie a déclaré le 1er avril « deux nouveaux cas le long du Danube », portant le total à quatre dans le pays, selon une note spécifique de la plateforme ESA. Les élevages infectés comprennent plus de 3 500 bovins, qui s’ajoutent aux « 6 566 bovins en Slovaquie et 4 446 en Hongrie » dans les foyers précédents, selon l’Anses. « Cette situation est susceptible d’évoluer rapidement », prévient l’agence sanitaire française sur son site web. La fièvre aphteuse est « hautement contagieuse », touche de nombreuses espèces d’élevage (porcins, bovins, ovins, caprins) et peut se propager de manière indirecte, via les transports ou le matériel.
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Des failles dans le dispositif slovaque
Fait préoccupant, un rapport des services vétérinaires de la Commission européenne pointe certaines failles dans le dispositif des autorités slovaques pour faire face à l’épidémie. Globalement, le rapport des experts de l’UE – qui se sont rendus sur place entre le 24 et le 27 mars (après la découverte des premiers foyers) – indique qu’aucune lacune majeure « n’a été identifiée dans la stratégie globale de lutte contre la maladie mise en œuvre » par la Slovaquie. Mais ils notent des retards dans la collecte et le traitement systématique d’informations épidémiologiques importantes (par exemple, le suivi des résultats de traçage, la mise en relation des résultats de laboratoire avec l’enquête épidémiologique, etc.), ainsi que l’absence d’un organe central de contrôle des maladies. La presse locale a aussi relayé des vidéos montrant des camions transportant les animaux abattus dans des conteneurs partiellement ouverts suscitant des inquiétudes chez le voisin tchèque.