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Colza-Diester La filière améliore sa contractualisation pour s’adapter à la volatilité du marché

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Il faudra près de 800 000 hectares de colza ou tournesol destiné au diester sur la récolte 2012 pour faire face aux besoins. Tel est l’objectif visé par Diester Industrie aujourd’hui, selon son président Philippe Tillous-Borde. Alors que la récolte 2011 va bientôt être engrangée et à quelques semaines des semis pour la production 2012, le patron de Diester Industrie plaide pour qu’un maximum d’hectares s’intègrent dans la politique contractuelle. La rémunération du colza Diester a été adaptée depuis plusieurs semaines afin de coller à un marché plus volatil qui n’est pas propice à la contractualisation.

Concilier des prix adaptés aux besoins industriels tout en restant le plus proche possible du marché et attractif pour les agriculteurs. Voilà l’équation à laquelle fait face la filière diester pour le paiement des hectares de colza et de tournesol destinés à la production d’huile pour Diester. Sur un total visé pour 2012 de près de 800 000 ha plantés en colza ou tournesol Diester, l’industrie voudrait maximiser la part soumise à un engagement contractuel (au moins 300 000 ha). Une équation pas facile : cet engagement n’a pas eu le développement escompté en raison de la volatilité de plus en plus forte du marché. Dans ce contexte, semble-t-il, les organismes stockeurs ont préféré, souvent, arbitrer eux-mêmes entre les différents débouchés plutôt que d’inciter les agriculteurs à entrer dans un processus de contractualisation avec la filière diester.

Ajustement du prix payé

Celle-ci a pourtant fait évoluer la fixation des prix pour coller de plus en plus au marché. Le dernier ajustement significatif avait été annoncé en avril et légèrement modifié pour ses paramètres il y a quelques jours. L’engagement est triennal et court encore pour les récoltes 2011 et 2012. La rémunération du colza Diester est composée de 100% de la moyenne observée sur le Matif ; à cela s’ajoute une prime dite de « démarche de progrès » (participation aux enquêtes Cetiom) de 4 euros par tonne, une prime de marché variable selon les usines de livraison et surtout un dispositif d’intéressement qui dépend de l’écart entre le prix de l’huile de colza et celui du gazole. En effet, le prix du Diester est indexé sur le prix du gasoil qui est actuellement moins cher que l’huile. Plus l’écart entre le prix du gasoil et le prix de l’huile est élevé, moins la marge de l’industriel producteur de biodiesel est bonne, comme cela a été le cas fin 2010. C’est cet écart que les spécialistes appellent « spread ». Moins cet écart est important, plus la situation est favorable à l’industriel et plus l’organisme stockeur est payé. A charge pour lui de répercuter au producteur cette variable qui peut représenter entre +12 euros/tonne et -12 euros/tonne de graines de colza engagée.
Au total, « c’est un système qui colle de plus en plus au marché », plaide Philippe Tillous-Borde pour qui cet accord interprofessionnel « est très favorable aux coop ». Un argument qui ne semble que partiellement entendu par les coopératives. Sur la récolte 2011, la part sous contrat devait être fixée avant le 14 juillet. Son niveau indiquera quelle tendance respectera la contractualisation dans la filière Diester à l’heure de la volatilité des cours.

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