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Grippe aviaire La filière avicole s’engage pour se protéger des épizooties

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Les éleveurs de volailles ont signé le 13 avril un pacte avec l’État pour réformer leurs méthodes d’élevage et de transport. Objectif : tirer les leçons des épizooties du virus H5N1 et H5N8. La signature coïncide avec le début du vide sanitaire.

Après deux vagues épidémiques, en 2015 et 2016, et des conséquences très lourdes surtout pour les éleveurs de canards, la filière de la volaille dans son ensemble en tire les conclusions. Le 13 avril, 32 acteurs du secteur avicole ont ainsi signé avec le ministère de l’Agriculture un "pacte" pour s’engager à réformer les méthodes de production et de transport afin de limiter les risques de propagation des virus.

"Il s’agit de la mise en place d’une stratégie de biosécurité pour faire face au risque de l’influenza aviaire et aux risques sanitaires en général", a déclaré Stéphane Le Foll à la presse, très satisfait d’avoir obtenu la signature notamment de l’ensemble des syndicats agricoles, allant du Modef à la FNSEA en passant par la Confédération paysanne, qui avait été dans les premiers à dénoncer le modèle industriel de production des canards pour expliquer la diffusion rapide du virus.

Ce "pacte" comprend notamment des changements radicaux dans la manière de transporter les volailles, de nombreux contrôles sanitaires à plusieurs étapes de l’élevage et des confinements en intérieur pendant les périodes de passages d’oiseaux sauvages. Il nécessite aussi des investissements lourds. Il va être présenté à la Commission européenne, qui a fourni des aides d’urgence conséquentes pour aider les éleveurs du Sud-Ouest, et communiqué aux pays européens dont les élevages en plein air ont aussi souffert.

Lancement des aides à l’aval et du vide sanitaire

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La signature de ce pacte a eu lieu à la veille du démarrage, le 17 avril, du vide sanitaire de 6 semaines touchant les élevages de canards du Sud-Ouest ; il prévoit un redémarrage des élevages fin mai, afin d’assurer la mise sur le marché de foies gras en quantité pour la saison festive de fin d’année.

La semaine précédente, le 6 avril, le dispositif de soutien à la trésorerie des entreprises de l’aval des filières volailles avait pris place. Annoncé le 21 février par le ministre Stéphane Le Foll, il consiste en "une avance remboursable à taux zéro avec différé de remboursement de deux ans, calculée pour couvrir 50 % de la dégradation prévisionnelle de trésorerie entre le 1er janvier et le 30 septembre 2017", selon le ministère. Pour y être éligible, les entreprises, quel que soit leur type d’activité ou leur taille, doivent réaliser au moins 20 % de leur chiffre d’affaires dans les départements concernés par l’épizootie d’influenza aviaire H5N8 (30 % pour les activités de service).

"Compte tenu des situations plus difficiles rencontrées par les entreprises en 2017 avec deux ans de crises successives, une première enveloppe de 20 millions d’euros a d’ores et déjà été budgétée pour ce dispositif. Elle sera réabondée, si nécessaire, en fonction des demandes", assure le communiqué.