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Prospective La filière blé aurait intérêt à faire de l’énergie avec du son

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La filière blé aurait intérêt à démarrer l’utilisation de son de céréales dans le secteur de l’énergie, indique un scénario de FranceAgriMer, présenté le 24 février au Salon de l’agriculture. En effet, la valorisation du son en aliments du bétail diminuant, réduire une partie de l’offre en la consacrant ailleurs limiterait la baisse des prix.

Détourner vers le secteur énergétique une partie du flux de son de blé qui part vers le débouché de l’alimentation animale freinerait l’embourbement des prix de ce co-produit de la meunerie, a présenté Jean-Luc Gurtler, chef de l’unité « analyses transversales » à FranceAgriMer et auteur de la simulation.

Le son poussé vers la sortie
FranceAgriMer a constaté que l’incorporation des sons de blé de meunerie dans les aliments composés recule, au fur et à mesure que d’autres matières premières plus denses sur le plan nutritionnel arrivent sur le marché. C’est le cas notamment des drèches de distilleries d’éthanol de maïs, riches en protéines. L’office table aussi sur un développement de la production de pois protéagineux, qui renforcerait la concurrence. De plus, la production d’aliments composés s’érodant, la concurrence est plus vive entre matières premières, et celles qui sont les moins bonnes sur le plan nutritionnel ont tendance à être éjectées du marché. C’est le cas des matières riches en fibres comme le son.
Si rien n’est fait d’ici 2012, échéance que s’est fixé FranceAgriMer pour son étude, les prix du son pour les aliments composés chuteraient de 41% par rapport à la campagne 2008/09. Si en revanche la filière française, au lieu de consacrer la totalité des 1,3 million de tonnes de son à l’alimentation animale, en détournait 300 000 tonnes vers le secteur énergétique (méthanisation, chaudières, éthanol de seconde génération), la baisse des prix du son pour le débouché traditionnel ne serait plus que de 6%, a calculé Jean-Luc Gurtler. Ces 300 000 tonnes constitueraient en outre un « gisement significatif » pour le secteur énergétique, a-t-il précisé.
L’arrivée des co-produits des biocarburants, outre son effet d’éjection du son des formules d’alimentation animale, fait plonger l’utilisation de tourteaux de soja, avec une réduction attendue de 17 à 25% des importations en 2012 par rapport à 2008/09.

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