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La filière cidricole vise + 40 % du chiffre d'affaires en 2022

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La filière du cidre estime possible d’accroître son chiffre d’affaires de 40 % en 2022, a indiqué l’interprofession, Unicid au Salon. Ses leviers pour y parvenir sont la montée en gamme du produit, le triplement des surfaces de verger bio, l’expansion des exportations et une meilleure valorisation des coproduits.

L’un des facteurs d’accroissement du chiffre d’affaires de la filière cidricole est la montée en gamme du cidre. Sur ce volet, Unicid compte inciter les fabricants de cidre à renouveler leur offre « en dehors des moments traditionnels de la saison des crêpes et de la galette ». De même, il s’agira de proposer une offre plus large et des produits plus différenciés, et de proposer de nouvelles associations mets et cidre. Argument nutritionnel : le cidre, à l’instar du vin contient des polyphénols (antioxydants) ; les pommes à cidres contiennent en général 2 à 5 fois plus de polyphénols que les pommes de table.

L’interprofession s’est fixé comme objectif de porter la part des surfaces de pommiers bio de 10 % actuellement à 30 % en 2022. « Tripler le taux actuel de verger cidricole bio en cinq ans n’est pas insurmontable », a précisé Jean-Louis Benassi, directeur d’Unicid, sur le stand de la filière au Salon. En effet, les pommes à cidre n’ont pas besoin d’un bel aspect visuel, leur goût suffit. De nouvelles pistes sont en cours d’exploration, telles que la compréhension approfondie de l’action des auxiliaires (insectes, araignées ou vertébrés) pour favoriser la régulation des populations de ravageurs.

L’export mieux soutenu avec une définition européenne du cidre

La filière mise aussi sur la poursuite de l’expansion des exportations. Celles-ci sont passées de 90 000 hl/an au début des années 2010 à 120 000-130 000 hl/an dans les années récentes. Mais les professionnels voudraient obtenir une définition européenne du cidre pour segmenter le marché à l’export et différencier le cidre produit avec 100 % de pommes des autres cidres. « Pour l’instant, la définition du cidre est juste un code professionnel. Il suffit que le produit contienne de la pomme, mais sans seuil minimal ; il peut être composé de concentré de jus de pomme, de sirop de glucose, d’alcool et d’eau », a indiqué Jean-Louis Benassi. Seules la France, l’Espagne, l’Allemagne, et depuis peu la Pologne et la Roumanie, qui sont de gros pays producteurs de pommes, ont une définition indiquant que la pomme doit être le composant majoritaire du cidre.

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Dans les pays sans définition, le cidre peut être pauvre en pommes, et son alcool peut être produit à partir de la fermentation de sirop de glucose et non de la pomme elle-même. Les opérateurs de ces pays « ne s’embarrassent pas de contrats pluriannuels avec les producteurs ». Le problème est qu’avec si peu de contraintes ils peuvent pratiquer des prix imbattables tout en utilisant le terme « cidre », déplore l’interprofession. Unicid travaille donc à une définition européenne du cidre pour différencier les qualités.

Une autre piste pour augmenter le chiffre d’affaires de la filière est la valorisation des coproduits de la fermentation de la pomme. Le marc de pomme (résidus après fermentation) est pour l’instant surtout livré aux fabricants de pectine, utilisée pour épaissir les confitures et les gelées. « Nous recherchons d’autres voies, comme l’extraction de polyphénols à l’usage de compléments alimentaires, le pressage des pépins pour la diététique et la cosmétique ». La filière en est au stade de la recherche sur ces nouvelles voies. Le reste pourrait être valorisé en alimentation animale ou en méthanisation.

Les outils : export, valorisation, élargissement de l'offre